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Normandie terre d’atome, portrait d’un territoire sacrifié

Parler de transition énergétique en Normandie n’est pas chose aisée au vu du lourd passif de notre territoire. Encore aujourd’hui, les énergies d’hier sont ici dominantes. La plus ancienne d’entre elles est évidemment le pétrole. En 2014, Jade Lindgaard révélait que 2 des cinq établissements industriels de France qui contribuent le plus au réchauffement climatique se situent en Normandie[1]. Et cela est sans parler des impacts sur le milieu de ces gigantesques installations non seulement dangereuses pour le climat mais aussi pour la santé publique.

Mais la pétrochimie n’est pas la seule responsable de ce paysage amère qu’offre notre territoire. Si la Normandie est la première « région énergétique française » pour l’emploi et la production de richesse[2], c’est aussi parce qu’elle est la deuxième région française pour la production d’électricité. En effet ici on ne compte pas moins de 8 réacteurs de 1 300 MWe répartis sur 3 sites et l’essentiel de ce que la filière nucléaire appelle « l’aval du cycle du combustible » dans le Nord Cotentin… sans oublier le fameux réacteur EPR en construction à Flamanville depuis dix ans. Des capacités gigantesques au regard du caractère dérisoire de l’éolien et du photovoltaïque de La Manche jusqu’à la Seine-Maritime.

Plus encore que le pétrole, l’atome occupe ici une place centrale dans les imaginaires et les politiques publiques mises en œuvre[3]. « Terre d’énergies », la Normandie ne manque jamais une occasion pour célébrer les vertus du mirage atomique. Le 9 juin 2016, la très officielle filière « énergies Normandie » accueillait ainsi en grande pompe Jean-Marc Jancovici à l’ESIGELEC[4]. Tout est fait ici pour ne pas changer de base. Même l’outil de formation est consacré ici à abonder le puits sans fonds de l’industrie atomique de Cherbourg à Dieppe en passant par Fécamp où les métiers de la maintenance nucléaire sont à l’honneur.

Alors que la transition énergétique est au point mort et que François Hollande a brisé les espérances ouvertes par la loi du 13 juillet 2005 de programme fixant les orientations de la politique énergétique[5], dite loi POPE, en capant à 40% la part des énergies renouvelables dans le mix électrique[6], il convient de s’interroger sur les origines de la nucléarisation de la Normandie, principal verrou social et économique entravant toute évolution réelle vers un système énergétique local, solidaire et efficient. Il s’agit surtout de concevoir les conséquences sur le territoire de l’implantation forcée d’installations nucléaires.

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Faire face au risque nucléaire, un enjeu des élections départementales

Les élections départementales auront lieu les 22 et 29 mars prochains. Dans 2054 cantons seront élues des hommes et des femmes seront élu(e)s pour administrer une collectivité locales dont les prérogatives sont encore en débat[1]. Le projet de loi portant nouvelle organisation territoriale de la République n’a de fait toujours pas été votée par l’Assemblée nationale[2].

L’étude d’impact du Projet de Loi n’aborde pas de manière détaillée la question si sensible de la prévention des risques industriels[3]. A ce jour on ne peut établir si les commissions locales d’informations auprès des installations nucléaires de base resteront une prérogative des départements où si elles passeront sous la tutelle des nouvelles régions.

Cette absence est très préoccupante alors que la surveillance citoyenne des installations nucléaires de base est réaffirmée comme un dimension fondamentale de la sûreté nucléaire par la Loi de transition énergétique[4]. Depuis 2006, la sûreté nucléaire en France repose en effet sur quatre piliers comme le donne à voir ce film d’animation de l’association nationale des comités et commissions nationales d’information (ANCCLI)[5]. Les commissions locales d’informations (CLI) animées par les Départements ont pour missions d’organiser la concertation et de diffuser une information claire et accessible à l’ensemble des citoyens. Aux côtés de l’ASN et de l’IRSN, elles constituent donc le «°pilier démocratique°» du contrôle de l’activité nucléaire.

Le Collectif STOP-EPR ni à Penly ni ailleurs, acteur de la surveillance citoyenne des installations nucléaire, adresse à tou(te)s les candidat(e)s aux élections départementales cette lettre ouverte pour leur demander quels sont leurs engagements concernant la gestion du risque nucléaire et l’organisation des secours par le conseil départemental.

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Le Collectif STOP-EPR ni à Penly ni ailleurs est en deuil

Le Collectif STOP-EPR ni à Penly ni ailleurs tient à témoigner de sa profonde tristesse. Aux côtés des autres associations antinucléaires nous voulons exprimer ce sentiment de sidération face à une horreur que nous ne pouvons qualifier.

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Nous avons perdu hier, des amis, des camarades, des compagnons de lutte. Tous étaient des artistes qui mieux qu’aucun d’entre nous ont su exprimer une critique résolue, non-violente et intransigeante de l’usage de l’atome à des fins militaires ou énergétiques.

cabuLe Collectif STOP-EPR ni à Penly ni ailleurs exprime toute son empathie aux familles et aux proches des victimes de cet acte inqualifiable et adresse à tous ceux et celles qui sont encore hospitalisés un soutien sincère.

1015-riss-blogNous souhaitons que l’oeuvre de Cabu, Charb, Tignous, Oncle Bernard et de tous les autres soit perpétuée et attendons avec impatience les prochains numéro de Charlie.