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Contribution du Collectif à l’Enquête publique sur le projet de parc éolien en mer Dieppe – Le Tréport

Depuis 10 ans le Collectif STOP-EPR ni à Penly ni ailleurs est engagée en faveur des projets de développement de parcs éoliens en mer sur le littoral de Seine-Maritime. Nous avons participé aux deux débats publics et participons à la concertation mise en œuvre par la Société EMDT.

Plus encore aujourd’hui qu’hier, STOP-EPR est convaincu que la promotion des énergies marines renouvelables constitue une alternative industrielle et énergétique en acte à la filière nucléaire qui permette d’engager enfin le territoire sur la voie d’une transition énergétique soucieuse du respect de la biodiversité, des défis posés par le changement climatique ainsi que d’un développement équilibré du littoral normand et picard.

Soutiens résolus des énergies renouvelables nous considérons plus que jamais que « l’énergie éolienne, arrivée à maturité industrielle et devenue marine, s’apprête à relever des défis d’une toute autre ampleur : la lutte contre le changement climatique, la production d’énergie sans émission de gaz à effet de serre ni déchets, le passage à une consommation économe et responsable, le soutien de la croissance verte créatrice de richesses locales et d’emplois non délocalisables. Cette énergie de l’avenir est ainsi l’une des plus dynamiques à se développer dans le monde, depuis plus de 15 ans. »

Ainsi tenons-nous à rappeler à l’occasion de cette enquête publique notre engagement résolu en faveur de l’aménagement d’un parc éolien en mer au large de Dieppe et du Tréport dans la continuité de nos interventions lors des Débats publics de 2010 et de 2015.

Voici les six principaux arguments qui nous amènent à formuler un avis très favorable en faveur d’un projet utile et nécessaire :

Sortir la Normandie du nucléaire

La Région Normandie avec 3 centrale nucléaire, où sont exploités 8 réacteurs nucléaires de 1 300 MWe, et le non moins problématique de La Hague est la seconde région la plus nucléarisée de France et même d’Europe. Cette production massive n’a jamais apporté au territoire le développement et la prospérité promise ne laissant au territoire que des contraintes et des risques d’une ampleur gigantesque. La construction et l’exploitation de parcs éoliens offshore au premier rang desquels celui du Tréport arrive à point nommer pour assurer la continuité de la production d’électricité à l’heure où le parc nucléaire arrive en fin de vie donnant à voir des signes de faiblesse de plus en plus nombreux.

Un parc éolien aura toujours moins d’impacts sur le milieu et l’environnement qu’une centrale nucléaire qui déverse dans la mer et l’atmosphère des milliers de tonnes de substances toxiques et radiotoxiques et expose le territoire à la menace constante d’un accident atomique aux conséquences durables.

Un choix de site judicieux

L’ensemble des documents communiqués à l’occasion de cette enquête publique donne à voir clairement les atouts de la zone marine attribuée à la société Eoliennes en mer Dieppe Le Tréport à l’occasion du deuxième Appel d’Offres de l’Etat. Cet espace présente en effet 4 critères déterminants pour l’installation d’un parc éolien en mer : une zone bien ventée, une faible profondeur d’eau loin des côtes, la possibilité d’un raccordement à proximité au réseau électrique, un éloignement suffisant du rail maritime. Eléments fondamentaux contribuant au moindre impact du projet.

Un engagement longtemps attendu en faveur de la transition énergétique

Le développement de l’éolien en mer au Tréport et ailleurs est un événement majeur dans une région marquée par les énergies du passé, fossiles et fissiles. La possibilité même de concevoir de nouvelles installations de production massive d’électricité verte donne à voir que la transition énergétique n’est pas seulement souhaitable mais qu’elle est réalisable grâce à une valorisation raisonnée des ressources du territoire qui s’efforce de limiter à la source risques industriels, pollutions et impacts climatiques.

Un apport considérable à la connaissance du milieu littoral

Les investigations nécessaires à la conception du projet des « Deux Côtes » puis de celui soumis aujourd’hui a enquête publique ont contribué très nettement au développement et à l’approfondissement des connaissances du littoral de Normandie et de Picardie. Des comptages, des études et des évaluations qui n’avaient pas pu être réalisées jusque-là ont pu être faites grâce à l’engagement d’un nouvel acteur économique soucieux de l’environnement et de sa protection.

Un effort constant pour éviter et réduire les impacts du projet

Fort de notre engagement dans toutes les instances de concertation installées par l’Etat depuis le Débat public de 2010, nous tenons à saluer la capacité rare des maitres d’ouvrages successifs à entendre et intégrer les remarques qui leur ont été adressées pour concevoir et dimensionner un projet qui s’adapte à un environnement humain et naturel complexe. Ainsi en cette fin d’année 2018, le projet soumis à l’enquête publique n’a plus grand-chose à voir avec le projet initial.

Un potentiel industrialisant porteur d’avenir

Le développement des parcs éoliens en mer amène l’affirmation d’une nouvelle filière industrielle sur le littoral normand de Cherbourg au Tréport. Il contribue ainsi à la reconversion d’un territoire marquée par une terrible déprise industrielle dans l’intérêt d’une population qui a acquis un formidable savoir-faire technique depuis le XVIIIe siècle. L’enjeu n’est autre que de relever le défi de l’emploi dans le respect de l’environnement en contribuant à l’émergence d’un nouveau modèle énergétique associant des productions renouvelables et une maitrise des consommations.

Somme toute, STOP-EPR se félicite que le projet des « deux Côtes » soit enfin soumis à une enquête publique. Il aura donc fallu dix ans pour initier la procédure définitive d’autorisation d’un projet ébauché en 2006 par les pionniers de La Compagnie du Vent.

Ces années n’ont pas été perdues pour autant. Elles ont permis de perfectionner le projet initial dans le souci de l’adapter à un milieu sensible, de préserver espèces marines et avifaune (sans oublier les chiroptères), de mettre en œuvre les meilleures techniques disponibles et de prendre en compte les différents usages de la mer.

C’est donc un projet robuste qui repose sur de longues investigations et la volonté d’entendre toutes les voix du territoire qui arrive à maturité aujourd’hui. Nous ne pouvons donc que soutenir la demande d’autorisation au titre des dispositions des articles L2124-1 et suivants du code général de la propriété des personnes publiques pour l’utilisation du domaine public maritime ainsi que la demande d’autorisation au titre de « La loi sur l’eau ».