Les centrales nucléaires sont aussi dangereuses pour le Climat

Alors que la Mobilisation face à l’urgence climatique esquive la nécessité de l’arrêt inconditionnel et définitif du nucléaire, le Collectif STOP-EPR ni à Penly ni ailleurs (re)publie une étude réalisée en 2013 sur l’impact climatique des centrales nucléaires. En effet, les données officielles présentant le nucléaire comme une énergie décarbonée oublie de comptabiliser l’utilisation de fluides frigorigènes dont l’impact climatique est loin d’être nul.

En Novembre 2014, Ségolène Royal a reconnu que, si le Protocole de Montréal a permis l’élimination de gaz nocifs pour la couche d’ozone, il a entraîné l’abus de substances dangereuses pour le climat. Les nouveaux gaz utilisés (HFC) se sont révélés êtredes facteurs aggravants du réchauffement climatique et pourraient représenter 20% des émissions de gaz à effet de serre en 2050… si rien n’est fait.

En effet leur pourvoir de réchauffement est en moyenne 3 500 fois supérieur à celui du CO2. 100 milliards de tonnes d’équivalent CO2 sont en jeu. Il est donc urgent de réduire rapidement leur usage sans attendre 2030 comme le suggère le Parlement européen depuis décembre 2013.

Le Collectif STOP-EPR ni à Penly ni ailleurs demande l’interdiction de leur usage dans les centrales nucléaires qui ne peuvent plus aujourd’hui cacher qu’elles sont aussi des bombes climatiques.

vous pouvez ci-dessous consulter notre étude réalisée en 2013 à la suite d’une défaillance sur le système réfrigérant de la centrale de Penly :

Le Mercredi 23 octobre vers 11 heures, une alarme incendie s’est déclenchée à la centrale de Penly.

Comme le prévoient les différentes procédures d’urgence, une équipe d’intervention de la centrale, spécialement entraînée et équipée, s’est immédiatement rendue sur les lieux du dégagement de fumée situé « dans le bâtiment des auxiliaires nucléaires de l’unité de production numéro 1 » confirme la centrale. « Ils sont intervenus dans la partie nucléaire des installations » précise encore le service communication de Penly… pendant qu’une partie du personnel a été évacuée.

L’origine de cet incident a été identifié. Une fuite de fréon est apparue sur un compresseur dans la zone contrôlée, près du réacteur numéro 1. Il a été totalement maîtrisé vers 12 h 30. Lorsque ce gaz se détend à la pression atmosphérique, il émet une épaisse fumée blanche ce qui explique pourquoi les détecteurs se sont déclenchés. « Le système d’extraction de la centrale est entré en action pour récupérer ce gaz » précise-t-on du côté de la centrale. Les équipes de la centrale dont celle de première intervention sont intervenues avec toutes les protections requises, ce qui a entraîné une évacuation d’une partie du bâtiment nucléaire : « ce sont des consignes que l’on applique en cas d’alerte incendie » assure le service de presse de Penly.

« C’est un gaz à effet de serre qui n’est pas dangereux pour les populations et la fuite a été circonscrite et colmatée. Les systèmes d’extraction se sont aussitôt déclenchés, la sûreté n’a pas été remise en cause » assure la direction de la centrale de Penly…

Selon EDF, la perte de Fréon s’élèverait à 95 kg[1]. Cela peut paraitre peu mais si on mesure l’impact climatique de ce gaz, en fonction de sa composition qui reste à déterminer, l’effet sur le réchauffement est non négligeable sans parler de ceux sur la couche d’ozone s’il ‘agit de Fréon R 12[2].

bilan des pertes à Penly en 2012

Une recherche minutieuse amène à découvrir que ce cas n’est pas isolé. Les centrales rejettent non seulement des éléments radioactifs mais des toxiques chimiques[3] en particulier des « fluides frigorigènes ». Chaque année quelques 5 tonnes de gaz frigorigènes sont rejetés sans comptés des incidents trop fréquents qui ne font qu’accroitre un impact climatique préoccupant. Ainsi le 1er octobre 2013 à la centrale de Paluel, lors d’une visite réglementaire sur l’unité 3, a été repérée une fuite de telles fluides sur un groupe réfrigérant du bâtiments des auxiliaires nucléaires. Les autres sites ne sont pas épargnées.

Le 22 juillet 2011 à Penly

Perte de fluide frigorigène sur groupe froid. Lors du contrôle d’étanchéité réglementaire réalisé sur  1DEG031GF, 2 fuites ont été détectées. La réparation de ces fuites a nécessité le transfert de la charge de fluide frigorigène (R134A) de l’appareil. Lors de la pesée, le 20/07/11, une perte de 103 kg de fluide frigorigène R134A a été constatée. C’est un gaz à effet de serre. Toute perte supérieure à 20 kg constitue un écart.

Le 15 février 2011 à Cattenom[4]

Au cours de l’année 2010, lors de plusieurs opérations de maintenance préventive sur les compresseurs des systèmes DEG et DEL, des rejets de fluide frigorigène de type hydrofluorocarbure (HFC) et hydrochlorofluorocarbure (HCFC) ont été détectés. Ces rejets, qui ont totalisé 248 kg en 2010, sont en baisse par rapport aux années précédentes : respectivement 350 kg en 2008 et 291 kg en 2009.

En 2010, quatre rejets de HFC du système DEG ont été déclarés à l’Autorité de sûreté nucléaire par l’exploitant en raison du dépassement de la limite de 20 kg fixée par le décret n° 2007-737 du 7 mai 2007[5] pour les émissions ponctuelles de fluides frigorigènes. Un rejet de fluide HCFC de 19 kg a été détecté lors de la maintenance du système DEL.

Les systèmes DEG et DEL sont constitués d’un circuit de production et de distribution d’eau glacée de l’installation nucléaire, qui fonctionne à l’instar d’un climatiseur. Le système DEG permet notamment d’abaisser efficacement la température du bâtiment des auxiliaires nucléaires et du bâtiment réacteur. Le système DEL est quant à lui destiné aux locaux électriques.

Les fluides type HFC sont des gaz à effet de serre. Les fluides type HCFC sont des substances appauvrissant la couche d’ozone. Tous industriels confondus, les émissions pour la France en 2008 s’élevaient à 513 tonnes de HFC et 326 tonnes de HCFC[6] [1].

En 2009, l’exploitant a mis en place un plan d’actions visant à réduire les rejets de fluides frigorigènes émis par les équipements frigorifiques et climatiques des systèmes DEG et DEL présents sur le site de Cattenom.

L’Autorité de sûreté nucléaire estime que ce plan d’action continue de montrer son efficacité. En particulier, la maintenance préventive des matériels a permis en 2010 de réduire davantage les rejets de fluides frigorigènes de la centrale nucléaire de Cattenom.

Le 28 janvier 2010 à Fessenheim[7]

Le 28 janvier 2010, une perte de 150 kg de fluide frigorigène de type hydrofluorocarbure (HFC) a été détectée sur un compresseur du système DCC à la centrale nucléaire de Fessenheim.

Les fluides type HFC sont des gaz à effet de serre. Tous industriels confondus, les émissions pour la France en 2008 s’élevaient à 500 tonnes de HFC[8] [1].

Le système DCC est constitué du circuit de production et de distribution d’eau glacée de l’installation nucléaire, qui fonctionne à l’instar d’un climatiseur. Il permet notamment d’abaisser efficacement la température du bâtiment des auxiliaires nucléaires et du bâtiment réacteur.

Le rejet de HFC est consécutif à la sollicitation des dispositifs de sécurité d’un compresseur du système DCC. Cette sollicitation résulte de la coupure intempestive du circuit de refroidissement du compresseur survenue le 11 décembre 2009.

En raison du dépassement de la limite de 20 kg fixée par le décret n°2007-737 du 7 mai 2007 pour les émissions ponctuelles de fluides frigorigènes, cet événement a été déclaré à l’Autorité de sûreté nucléaire par l’exploitant.

Le 20 janvier 2010 à Cattenom[9]

Au cours de l’année 2009, comme en 2008, lors de plusieurs opérations de maintenance sur les compresseurs du système DEG, des rejets de fluide frigorigène de type hydrofluorocarbure (HFC) ont été détectés. 2 rejets ont été déclarés à l’ASN par l’exploitant en raison du dépassement de la limite de 20 kg fixée par le décret n°2007-737 du 7 mai 2007 pour les émissions ponctuelles de fluides frigorigènes. Au total, les rejets de fluide de type HFC s’élèvent à 54 kg en 2009. En 2008, les rejets de fluide de type HFC s’élevaient à 312 kg.

En outre, des rejets de fluide de type hydrochlorofluorocarbure (HCFC), cumulant 237 kg au total, ont été détectés lors de la maintenance du système DEL en 2009. En 2008, les rejets de HCFC s’élevaient à 38 kg.

Les systèmes DEG et DEL sont constitués d’un circuit de production et de distribution d’eau glacée de l’installation nucléaire, qui fonctionne à l’instar d’un climatiseur. Le système DEG permet notamment d’abaisser efficacement la température du bâtiment des auxiliaires nucléaires et du bâtiment réacteur. Le système DEL est quant à lui destiné aux locaux électriques.

Les fluides type HFC sont des gaz à effet de serre. Les fluides type HCFC sont des substances appauvrissant la couche d’ozone. Tous industriels confondus, les émissions pour la France en 2008 s’élevaient à 513 tonnes de HFC et 326 tonnes de HCFC.

L’ASN estime que la mise en œuvre du plan d’actions visant à réduire la masse de gaz émise par les rejets de fluide frigorigène observés sur les équipements frigorifiques et climatiques du système DEG présents sur le site de Cattenom est satisfaisante. Néanmoins, en 2010, l’ASN estime qu’EDF devra veiller à l’efficacité des mesures correctives proposées pour le système DEL.

Le 28 décembre 2009 à Fessenheim[10]

Le 28 décembre 2009, une perte de 280 kg de fluide frigorigène de type hydrofluorocarbure (HFC) a été détectée sur un compresseur du système DCC. Les fluides type HFC sont des gaz à effet de serre. Tous industriels confondus, les émissions pour la France en 2007 s’élevaient à 500 tonnes de HFC.

Le système DCC est constitué du circuit de production et de distribution d’eau glacée de l’installation nucléaire, qui fonctionne à l’instar d’un climatiseur. Il permet notamment d’abaisser efficacement la température du bâtiment des auxiliaires nucléaires et du bâtiment réacteur. Le rejet de HFC est consécutif à la défaillance des dispositifs de sécurité d’un compresseur du système DCC sollicités suite à la baisse du débit de refroidissement du circuit d’eau brute survenue le 27 décembre 2009 (voir avis d’incident).

A la suite de l’inspection inopinée du 29 décembre 2009, l’ASN a demandé à l’exploitant d’expertiser le compresseur concerné et de s’assurer que le deuxième compresseur du système DCC ne subira pas une défaillance similaire (voir lettre de suite). En raison du dépassement de la limite de 20 kg fixée par le décret n°2007-737 du 7 mai 2007 pour les émissions ponctuelles de fluides frigorigènes, cet événement a été déclaré à l’Autorité de sûreté nucléaire par l’exploitant.

Le 20 janvier 2009 à Cattenom[11]

Au cours de l’année 2008, lors de plusieurs opérations de maintenance sur les compresseurs du système de climatisation des bâtiments nucléaires, des rejets de fluide frigorigène de type hydrofluorocarbure (HFC) ont été détectés. En tout, 7 rejets ont été déclarés par l’exploitant en 2008, cumulant 312 kg au total. En particulier, l’Autorité de sûreté nucléaire avait publié un avis d’incident en avril 2008 à la suite du rejet de 141 kg de fluide HFC (consulter l’avis d’incident).

En outre, deux rejets de fluide de type hydrochlorofluorocarbure (HCFC), en janvier et en novembre 2008, cumulant 38 kg au total, ont été détectés lors de la maintenance du système de climatisation du bâtiment de formation. Les fluides type HFC et HCFC sont des substances appauvrissant la couche d’ozone. La réglementation française impose aux exploitants de déclarer tout rejet significatif de fluides frigorigènes dans l’environnement. Tous industriels confondus, les émissions pour la France en 2006 s’élevaient à 530 tonnes de HFC et 258 tonnes de HCFC.

Enfin, un non-respect des périodicités de contrôle d’étanchéité des éléments assurant le confinement des fluides frigorigènes a été détecté le 17 décembre 2008 sur le site de Cattenom. A la suite de ces écarts, la centrale de Cattenom a mis en place un plan d’actions visant à réduire ses rejets de fluide frigorigène observés sur les équipements frigorifiques et climatiques. L’Autorité de sûreté nucléaire veillera à la mise en place des mesures correctives proposées et s’assurera de leur efficacité pendant l’année 2009.

Le 13 mai 2009 à Civaux[12]

Fuite de fréon sur un groupe réfrigérant de l’unité de production n°1 13/05/2009

Une visite trimestrielle de maintenance des groupes réfrigérants a été réalisée le lundi 11 mai 2009 sur l’unité de production n°1 à l’arrêt actuellement. Lors des contrôles, une absence de pression a été détectée sur l’un de deux groupes réfrigérants, situé dans le bâtiment des circuits annexes (BAN), zone nucléaire de l’installation, celle-ci pouvant être due à la perte de charge de fréon. Ces groupes réfrigérants assurent la ventilation et la climatisation du bâtiment.

Des investigations ont permis de confirmer, et de localiser, le 12 mai, une fuite au niveau de cet appareil, dû à la rupture d’une soudure sur une tuyauterie. Le volume estimé de perte de fréon est de 740 Kg.

Le 18 février dernier, une visite de contrôle avait été réalisée sur ce même matériel, et aucune anomalie n’avait été constatée à cette date. Une intervention est en cours sur ce matériel pour le réparer, et les autres appareils du même type vont faire l’objet d’une expertise. Le fréon R134a est sans conséquence sur la santé des personnes[13]. Au niveau de l’impact environnemental, la fuite constatée représente une équivalence CO² estimée de 207,2 Kg.

La direction de la centrale de Civaux a déclaré cet événement, le 13 mai 2009, à l’Autorité de Sûreté Nucléaire et les pouvoirs publics ont été informés.

Le 15 juillet 2008 à Cattenom[14]

Le 24 avril 2008, lors d’une opération de maintenance sur un compresseur du système DEG, une perte de 141kg de fluide frigorigène de type hydrofluorocarbure (HFC) est détectée. Le système DEG est constitué du circuit de production et de distribution d’eau glacée de l’installation nucléaire, qui fonctionne à l’instar d’un climatiseur. Il permet notamment d’abaisser efficacement la température du bâtiment des auxiliaires nucléaires et du bâtiment réacteur.

Le rejet de HFC est consécutif à une défaillance de la garniture mécanique du compresseur. Aucun appoint de fluide frigorigène n’avait été réalisé depuis la dernière opération de maintenance du compresseur qui s’est déroulée fin 2005.

Le montage d’une nouvelle garniture métallique a été réalisé en mai. L’ASN suit avec attention les actions menées par EDF pour améliorer le délai de détection des fuites et réduire la masse de gaz rejetée par les fuites des garnitures mécaniques. En raison du dépassement de la limite de 20 kg fixée par le décret n°2007-737 du 7 mai 2007 pour les émissions ponctuelles de fluides frigorigènes, cet événement a été déclaré à l’Autorité de sûreté nucléaire par l’exploitant.

Le 6 janvier 2005 à Belleville[15]

Entre 1998 et 2004, la centrale nucléaire de Belleville a rejeté à l’atmosphère 580 kg de fréon de type R12 (fluide frigorifique non radioactif, à effet de serre et détruisant la couche d’ozone, de la famille des chlorofluorocarbones, ou CFC). Par ailleurs, un rejet de 590 kg de SF6[16] (hexafluorure de soufre, gaz à effet de serre) entre 2003 et 2004 a également été détecté par le site.

La centrale nucléaire de Belleville a réalisé en avril 2004 le bilan quantitatif du fluide frigorifique contenu dans le groupe de réfrigération DEG 33 GF du réacteur 1. Un déficit de 200 kg de fréon R12[17] a été relevé par rapport au niveau de 1998. Suite à cette constatation, l’ensemble des groupes de réfrigération a été contrôlé, et un déficit de 80 kg sur le groupe DEG 34 GF du réacteur 1 a également été détecté. En décembre 2004, un déficit de 300 kg a cette fois-ci été relevé sur le groupe de réfrigération DEG 32 GF du réacteur 1. Le rejet de CFC pour la période de 1998 à 2004 représente donc un total de 580 kg.

Le système DEG est constitué du circuit de production et de distribution d’eau glacée de l’installation nucléaire, qui fonctionne à l’instar d’un climatiseur. Il permet d’alimenter essentiellement les groupes froid des circuits de ventilation de l’enceinte de confinement du réacteur, du bâtiment des auxiliaires nucléaires, des locaux électroniques et électriques, du bâtiment d’exploitation et du bâtiment du combustible. Un groupe de réfrigération a une capacité totale de fréon de 750 kg.

Le remplacement du fluide CFC par un fluide de substitution non nocif pour la couche d’ozone est prévu à la centrale nucléaire de Belleville en 2006.

Le SF6 est utilisé comme isolant électrique dans un transformateur du site. Une fuite a été détectée au niveau d’un transformateur du réacteur 1, fuite ne remettant pas en cause le fonctionnement de ce matériel. EDF s’est engagé à réparer cette fuite avant le 1er mars 2005. Cet avis d’information est une mise à jour de l’avis d’information du 3 mai 2004, afin de prendre en compte les nouveaux bilans quantitatifs de CFC ainsi que le rejet de SF6.

Le 3 mai 2004 à Belleville[18]

Entre 1998 et 2003, le site de Belleville a rejeté à l’atmosphère 200 kg de CFC (fluide frigorifique à effet de serre). Par ailleurs, un rejet de 80 kg du même type de fluide a été également détecté par le site en 2004.

Le site de Belleville a réalisé le 19 avril 2004 le bilan des fuites détectées sur le groupe de réfrigération DEG 33 GF du réacteur 1. Un déficit de 200 kg de fréon R12[19] a été relevé par rapport au niveau de 1998. Suite à cet écart, l’ensemble des groupes de réfrigération a été contrôlé, et il s’avère qu’un déficit de 80 kg sur le groupe DEG 34 GF du réacteur 1 a également été détecté.

Le système DEG est constitué du circuit de production et de distribution d’eau glacée de l’installation nucléaire, qui fonctionne à l’instar d’un climatiseur. Il permet d’alimenter essentiellement les groupes froids des circuits de ventilation de l’enceinte de confinement du réacteur, du bâtiment des auxiliaires nucléaires, des locaux électroniques et électriques, du bâtiment d’exploitation et du bâtiment combustible. Un groupe de réfrigération a une capacité totale de fréon de 750 kg.

A la suite de la détection de cet écart, le site a fait l’inventaire des fuites détectées sur l’ensemble du site. Le remplacement du fluide CFC par un fluide de substitution non nocif pour la couche d’ozone est prévu sur le site de Belleville en 2006.

Conclusion provisoire

EDF reconnaît ces rejets de gaz à effet de serre : « Une centrale nucléaire n’émet pratiquement pas de substances chimiques par voie gazeuse. Les émissions proviennent des groupes électrogènes de secours constitués de moteurs diesels ou de turbines à combustion consommant du gasoil (SO2, NOx), des pertes de fluides frigorigènes et des émanations de certaines substances volatiles utilisées pour la protection et le traitement des circuits (vapeurs d’ammoniac…).[20] » Mais reste très discret sur l’origine, l’importance et les conséquences de ces pertes[21]

On peut s’étonner du paradoxe entre la communication d’EDF sur l’impact « positif » de l’exploitation du parc nucléaire contre le réchauffement climatique et l’usage de gaz responsables de ce réchauffement selon le décret n° 2005-295 du 22 mars 2005 portant publication du Protocole de Kyoto[22].

La réglementation française est très attentive à limiter l’utilisation de tels gaz. En effet, selon EDF[23], elle reprend les exigences de la réglementation européenne sur les substances appauvrissant la couche d’ozone (règlement 2000/2037/CE du 29 juin 2000 qui interdit l’utilisation des CFC depuis 2001, et celle des HCFC à partir de 2015, pour la maintenance et l’entretien des équipements de réfrigération et de climatisation) et les gaz à effet de serre (règlement 2006/842/CE du 17 mai 2006) utilisés dans les systèmes de climatisation et de réfrigération. Les INB et les centrales nucléaires sont tenues de s’y conformer.

Les centrales nucléaires sont aussi concernées par la loi n° 96-1236 du 30 décembre 1996 sur l’air et l’utilisation rationnelle de l’énergie dite « LAURE » (Art. 19), qui demande d’étudier l’impact des activités humaines sur la santé publique. Ceci vise les impacts des rejets industriels et en particulier, pour ce qui est des centrales nucléaires, les émissions atmosphériques gazeuses issues d’opérations de lessivage chimique (ammoniac) ou les gaz d’échappement des turbines à combustion (TAC) de secours et les moteurs diesels de secours définis, par ailleurs, dans la rubrique ICPE n° 2910.

Pourquoi donc persévérer à abuser de gaz frigorigènes nocifs responsables du réchauffement climatique alors que des technologies alternatives sont disponibles ?

Somme toute, il semblerait que les centrales nucléaires disposent dans ce cas comme dans beaucoup d’autres d’un statut d’exception qui les autorise à utiliser des produits dont l’usage recule partout ailleurs sur injonction de l’Etat[24]….

 


[1] http://energie.edf.com/nucleaire/carte-des-centrales-nucleaires/evenements-45965.html&open=1

[2] ODP de 0.82 et GWP100 de 10 900

[3] exemple de Penly : rapport de sureté 2012, p 32-34

http://energie.edf.com/fichiers/fckeditor/Commun/En_Direct_Centrales/Nucleaire/Centrales/Penly/Publications/documents/Rapport%20Surete%20et%20Radiopro%202011%20CNPE%20de%20Penly.pdf

[4] http://www.asn.fr/index.php/L-ASN-en-region/Division-de-Strasbourg/Centrales-nucleaires/Centrale-nucleaire-de-Cattenom/Avis-d-incidents/Rejets-de-fluide-frigorigene

[5] http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000000645384

[6]Source : http://www.pollutionsindustrielles.ecologie.gouv.fr/IREP/index.php

[7] http://www.asn.fr/index.php/L-ASN-en-region/Division-de-Strasbourg/Centrales-nucleaires/Centrale-nucleaire-de-Fessenheim/Avis-d-incidents/Rejets-de-fluide-frigorigene

[8]Source : http://www.pollutionsindustrielles.ecologie.gouv.fr/IREP/index.php

[9] http://www.asn.fr/index.php/Les-actions-de-l-ASN/Le-controle/Actualites-du-controle/Avis-d-incidents-des-installations-nucleaires/2010/Rejets-de-fluide-frigorigene-dans-l-environnement-par-la-centrale-de-Cattenom

[10] http://www.asn.fr/index.php/L-ASN-en-region/Division-de-Strasbourg/Centrales-nucleaires/Centrale-nucleaire-de-Fessenheim/Avis-d-incidents/Rejets-de-fluide-frigorigene2

[11] http://www.asn.fr/index.php/L-ASN-en-region/Division-de-Strasbourg/Centrales-nucleaires/Centrale-nucleaire-de-Cattenom/Avis-d-incidents/Rejets-de-fluide-frigorigene-dans-l-environnement

[12] http://energie.edf.com/nucleaire/carte-des-centrales-nucleaires/evenements/fuite-de-freon-sur-un-groupe-refrigerant-de-l-unite-de-production-n1-46030.html

[13] http://fr.wikipedia.org/wiki/1,1,1,2-t%C3%A9trafluoro%C3%A9thane

[14] http://www.asn.fr/index.php/L-ASN-en-region/Division-de-Strasbourg/Centrales-nucleaires/Centrale-nucleaire-de-Cattenom/Avis-d-incidents/Rejets-de-fluide-frigorigene2

[15] http://www.asn.fr/index.php/Les-actions-de-l-ASN/Le-controle/Actualites-du-controle/Avis-d-incidents-des-installations-nucleaires/2005/Rejet-de-freon-fluide-frigorifique-CFC

[16] http://www.schneider-electric.com/documents/technical-publications/fr/shared/electrotechnique/techniques-coupure-appareillage/connaissances-generales/ct188.pdf

[17] http://fr.wikipedia.org/wiki/Dichlorodifluorom%C3%A9thane

[18] http://www.asn.fr/index.php/L-ASN-en-region/Division-d-Orleans/Centrales-nucleaires/Centrale-nucleaire-de-Belleville-sur-Loire/Avis-d-incidents/Rejet-de-freon-fluide-frigorifique-CFC-a-Bellevillepuis

[19] Le Fréon (marque commerciale) est le nom d’une famille de gaz hydrochlorofluorocarbonés (HCFC) ou chlorofluorocarbonés (CFC) fabriqués par la société DuPont de Nemours.

Les fréons sont ininflammables, non corrosifs et non toxiques en cas de fuite mineure. Par contre, ils prennent la place de l’air respirable en cas de fuites abondantes, ce qui peut mener à des asphyxies.

A partir 1930, le R12 est utilisé comme réfrigérant et à partir de 1943 comme gaz propulseur dans les aérosols. Ces gaz présentent un inconvénient majeur : ils se transforment en chlore et fluor sous l’effet des rayons UV du soleil. Ces deux éléments sont notamment responsables de la destruction de la couche d’ozone et participent aux émissions de gaz à effet de serre.

[20] EDF, centrales nucléaires et environnement, p 22

http://energie.edf.com/fichiers/fckeditor/Commun/En_Direct_Centrales/Nucleaire/General/ebookedfbassedef.pdf

[21] Le fonctionnement des matériels et les opérations de maintenance conduisent à des émissions annuelles de fluides frigorigènes de l’ordre de 5 000 kg pour l’ensemble des centrales.

[22] http://legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000000257856

[23] EDF, centrales nucléaires et environnement, p 72

http://energie.edf.com/fichiers/fckeditor/Commun/En_Direct_Centrales/Nucleaire/General/ebookedfbassedef.pdf

[24] http://www.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/Rapport_clim_Art5_LG1_280811.pdf