La refondation du Réseau Sortir du nucléaire est à l’ordre du jour

Le 1er Congrès du Réseau Sortir du nucléaire aura lieu les 12, 13 et 14 février 2016 à Angers. Le Congrès aura pour ambition de réunir toutes les composantes du mouvement antinucléaire français afin de repenser ensemble le fonctionnement structurel et stratégique du Réseau Sortir du nucléaire.

« Le Congrès visera à interroger, réfléchir, débattre et décider d’un nouveau fonctionnement du Réseau, en particulier pour lui donner une assise plus horizontale, au plus près des groupes de terrain qui le composent. Il sera ouvert à tous les groupes antinucléaires, qu’ils soient ou non adhérents . »

Le Collectif STOP-EPR ni à Penly ni ailleurs participera à cet événement dans un esprit constructif. Notre ambition est de redonner dynamique, puissance et efficience à un mouvement antinucléaire au vu de la crise profonde qu’il traverse depuis 2010.

Les choix stratégiques et les modalités de fonctionnement imposés par ceux qui se sont alors emparés du Réseau ont conduit en effet à une impasse. L’éviction des administrateurs historiques et le licenciement de Stéphane Lhomme, loin d’entrainer le renouveau annoncé, ont conduit non seulement à un affaiblissement du mouvement antinucléaire mais à un appauvrissement des revendications.

L’élection d’une nouvelle majorité à l’occasion de l’Assemblée générale 2015 puis la conclusion en mai d’un protocole d’accord entre le Réseau et les victimes du « putsch de 2010 » laisse espérer aujourd’hui une sortie de crise. Le Collectif STOP-EPR ni à Penly ni ailleurs y prendra toute sa part dans le souci de poursuivre l’action initiée il y a plus de quarante ans par les premiers groupes antinucléaires qui se sont constitués en France.

Vous pourrez consulter ci-dessous, les propositions que nous établissons pour ce Congrès au vu du constat que nous avons établi années après années :

Le Mercredi 2 décembre se sont réunis à Rouen les groupes antinucléaires actifs de Haute-Normandie. Des interrogations, des déceptions mais aussi des propositions ont pu être formulées au cours de deux longues heures d’échange et de réflexion.

Tou(te)s d’une manière ou d’une autre ont témoigné d’une réelle déception. L’activité du Réseau Sortir du nucléaire ne suscite aucun consensus. Si la plupart admettent l’utilité du matériel et de l’aide juridique proposés aux groupes, tous déplorent un manque de soutien effectif, une aide irrégulière et des orientations trop souvent en contradiction avec les choix locaux.

Pour beaucoup la crise qui a débuté en 2009 n’est pas terminée en dépit du compromis acté au Printemps dernier. Le Réseau est ainsi perçu comme une organisation opaque, peu efficace et sujette à des jeux de pouvoir difficilement déchiffrables.

Chacun a convenu que le Réseau fonctionne actuellement comme une entreprise et non comme une organisation militante. Les statuts comme le règlement intérieur verrouillent le fonctionnement de cette organisation dans l’intérêt d’une équipe salariée qui s’arroge l’essentiel des revenus… aux dépends du financement de la lutte antinucléaire proprement dite.

Au final tous ont convenu que la division du mouvement antinucléaire n’est guère étonnante dans ces conditions regrettant que tout n’ait pas été mis en œuvre pour fédérer l’ensemble des composantes du mouvement antinucléaire.

Les doutes sont si forts que certain(e)s n’ont pas hésité à envisager comme préalable à toute réelle « refondation » une dissolution du Réseau Sortir du nucléaire. L’incapacité de cette organisation à peser sur les campagnes de 2012, le débat national sur la transition énergétique puis sur les débats autour de la loi de transition justifient cette revendication.

Des propositions

Pour autant chacun a convenu que l’existence d’un ensemble plus vaste fédérant les groupes antinucléaires est nécessaire. Un ensemble qui réponde aux besoins des groupes sans jamais tenter de se substituer à eux où de capter à son profit exclusif dons et autres financements.

C’est pour cette raison que la réunion de Haute-Normandie considère qu’une réorganisation sur une base fédérale du mouvement antinucléaire s’impose. Une réorganisation qui dépasse les strictes limites du Réseau Sortir du nucléaire. Une réorganisation qui privilégie le rassemblement des groupes actifs qui ont une action régulière et publique contre le nucléaire civil et militaire.

Nous proposons :

Proposition n°1 : seuls les organisations qui peuvent témoigner d’une activité antinucléaire régulière depuis au moins deux ans puissent avoir le droit de vote au Congrès : Chaque organisation devra communiquer statuts, rapport d’activité et bilan comptable en bonne et due forme. Une commission spéciale regroupant des représentants les réunions régionales et des administrateurs sera chargée courant janvier de valider la liste des organisations pouvant participer au Congrès.

Proposition n°2 : Les délégués au Congrès doivent être mandatés explicitement par l’organisation dont ils sont issus : un extrait de compte-rendu de bureau ou de conseil d’administration de l’organisation qui les mandate devra être fourni à la commission spéciale présentée ci-dessus. Tant que faire se peut, nous considérons comme impératif que les délégués portent à l’occasion du Congrès les propositions et autres revendications portées par les réunions régionales auxquelles ils ont participé.

Proposition n°3 : Les délégués d’association et de groupes, à ce jour membre du Réseau sortir du nucléaire, qui ne peuvent témoigner d’aucune activité antinucléaire et qui se sont tenus à l’écart des réunions régionales ne seront pas pour autant écartées du Congrès. Ils pourront y assister mais sans droit de vote.

Proposition n°4 : Les délégués au Congrès, de manière à donner à voir la diversité du mouvement antinucléaire et la complémentarité des pratiques, soient regroupés en collège. C’est un impératif éthique dont l’ambition est de permettre l’expression de chaque composante thématique du mouvement antinucléaire. Cinq collèges pourraient être formés :

  • Collège des entreprises, bureau d’étude et autres acteurs économiques de la transition énergétique,
  • Collège des organisations politiques nationales, régionales et locales,
  • Collège des organisations agissant contre le nucléaire militaire,
  • Collège des organisations qui exercent une mission générale d’information et de sensibilisation
  • Collèges des organisations qui ont une activité antinucléaire spécifique et locale.

La constitution de collèges ne remet pas en cause le principe de la liberté de vote de chaque organisation. Elle doit permettre l’émergence de propositions « sectorielles » qui donnent à voir la diversité des attentes des différentes composantes du mouvement antinucléaire. Un moment spécifique pourrait leur être consacré le vendredi. Chaque Collège à l’occasion du Congrès peut formuler ses besoins et ses attentes spécifique. Chaque collège disposerait d’un droit de parole lors de chaque vote organisé.

Proposition n°5 : La présidence de séance, dans le que le Congrès du mouvement antinucléaire _ et non du Réseau Sortir du nucléaire _ soit désignée par la commission spéciale présentée précédemment. Trop d’Assemblées générale du Réseau Sortir du nucléaire ont été influencées par des présidences de séance partisanes qui ont attisé un climat de tension.

Les principes suivant peuvent inspirer la composition de la présidence de séance :

  • Les salariés du Réseau ne peuvent participer à la présidence de séance,
  • Chaque collège pourra être représenté à la présidence de séance,
  • La présidence de séance doit être paritaire,
  • La présidence de séance a vocation à organiser les débats et les votes mais ne peut y participer,
  • La présidence de séance doit être tournante : cinq équipes pourraient être désignée par la commission spéciale.

Proposition n°6 : Dans le souci de contribuer à une refondation effective du mouvement antinucléaire, il convient de poursuivre la mutation du Réseau Sortir du nucléaire initiée par le compromis juridique du printemps dernier. Cette nécessité implique de poursuivre le travail de réécriture des statuts et du règlement intérieur du Réseau Sortir du nucléaire dont l’opportunité est admise depuis plusieurs années.

Vous pouvez consulter ci-dessous la proposition de réforme des statuts du Réseau Sortir du nucléaire portée par le Collectif STOP-EPR ni à Penly ni ailleurs dans le cadre de la commission refondation 2013-2014 au titre de la contribution à la refonte des statuts et du règlement intérieur :

Au mode d’organisation pyramidale qui prévaut aujourd’hui, nous préférons un modèle à la fois plus souple, plus ouvert et décentralisé inspiré par la figure du rhizome :

Si le Congrès ne permettra pas de rédiger dans leur totalité de nouveaux textes, il est envisageable qu’à Anger un « préambule » soit voté : il présentera les grands principes fondateurs (buts, moyens et méthodes de la fédération des associations antinucléaire) qui permettront à un groupe de travail spécial, désigné par le Congrès, de proposer de nouveaux statuts au plus tard le 30 mai 2016. Ces nouveaux statuts et règlement intérieur seront soumis à un vote électronique des organisations présentes à Angers au cours de la première quinzaine de juin. Ils seront applicables au 1er Juillet 2016.

Proposition n°7 : Le licenciement pour faute grave du Coordinateur général du Réseau Sortir du nucléaire, responsable en dernier recours des tensions qui existent au sein du mouvement antinucléaire et de choix stratégiques au mieux contestables soit soumis au vote du Congrès du mouvement antinucléaire.

Pour autant, cela ne remet pas en cause le plaisir de travailler avec les salarié(e)s du Réseau Sortir du nucléaire. Ils peuvent avoir l’assurance de la reconnaissance des organisations antinucléaires qui ont toujours observé la sincérité de leur engagement et de leurs efforts pour faire vivre la lutte antinucléaire.

Le mouvement antinucléaire refondé à l’issue du Congrès d’Anger privilégiera leurs candidatures aux postes et missions qui seront définies par les nouveaux statuts et le nouveau règlement intérieur.