Que s’est-il passé le 05 avril 2012 à Penly ?

Le 5 avril 2012 vers 12 heures, les sapeurs-pompiers de Seine-Maritime sont intervenus pour éteindre deux départs de feu dans le bâtiment du réacteur n°2 de la centrale nucléaire de Penly . Ces départs de feu ont été provoqués par une fuite d’huile sur l’une des quatre pompes du circuit primaire, qui assurent la circulation de l’eau de refroidissement du cœur du réacteur.

La pompe primaire a non seulement cessé de jouer son rôle, entraînant une mise à l’arrêt automatique du réacteur, mais causé une suite de défaillances graves. La mise à l’arrêt a nécessité une injonction massive de bore dans le circuit primaire suite à une défaillance des barres de contrôles.

Le choc chimique a entraîné un nouvel incident quelques heures plus tard. En début de soirée, EDF a constaté une fuite d’eau anormalement élevée sur un des joints de la pompe primaire. Pour le dire autrement, le réacteur a connu une perte massive de réfrigérant primaire heureusement recueilli par les circuits de secours. Les débits de fuite interne à la pompe ont décru très rapidement au fur et à mesure de la baisse de la pression du circuit primaire, et ont atteint les valeurs nominales durant la nuit .

L’Autorité de sûreté nucléaire est immédiatement intervenue et rempli pleinement sa mission d’information du public . Pour autant beaucoup de questions restent encore aujourd’hui en suspens. Quatre ans après ce qu’il faut bien appeler un « accident nucléaire », les conclusions définitives sur les causes, les mécanismes et les conséquences de cet événement ne sont toujours pas publiées.

En aucun cas cet événement ne peut se résumer à une défaillance humaine . Si les facteurs organisationnels et humains contribuent aux défaillances de l’industrie nucléaire, il est abusif de tenir les salariés de cette industrie comme seuls responsables des innombrables écarts observés dans les centrales . Les défauts de maintenance, la vétusté et les fragilités des installations sont à l’origine de l’essentiel des incidents dans un parc nucléaire usé et obsolète.

Quatre ans après cet accident, le Collectif STOP-EPR demande à l’Autorité de sureté nucléaire de publier l’ensemble des documents relatifs à l’accident survenu à Penly le 5 avril 2012. Il est urgent d’établir un retour d’expérience de cet événement au combien significatif alors qu’EDF s’emploie à prolonger l’exploitation des réacteurs de 1 300 MWe. Sans la prise en compte de la défaillance et de la fragilité des motopompes primaires comment EDF pense-t-elle faire durer des réacteurs dont le manque de robustesse est évident ?

Pour plus d’information vous pouvez consulter le dossier établi par le Collectif STOP-EPR ni à Penly ni ailleurs sur l’accident du 5 avril 2012 à Penly