Archives du mot-clé Grand Carénage

Le générateur de vapeur de Paluel 2 : comme une épine dans le pied d’EDF

Centrale nucléaire de Paluel (76) : l’expertise américaine nécessaire après l’accident du générateur de vapeur
Pour résoudre la question de l’extraction du GV qui a chuté dans le bâtiment réacteur n°2 e, le groupe américain Westinghouse a été appelé à la rescousse par EDF.
generateur-vapeur-reseau-so
Les précisions de Guillaume Blavette du Collectif Stop-EPR ni à Penly ni ailleurs et le choc de Martial Hauguel, vice-président du Conseil départemental chargé de l’environnement interrogés par France 3 Normandie.
Les détails de l’opération d’extraction du générateur de vapeur (coûts, délais, organisation…) devraient nous être communiqués en CLIN plénière fermée le vendredi 25 novembre au Clos des fées à côté de la centrale atomique de Paluel.
la vidéo des deux interviews : ici
Pour en savoir plus  sur l’incident du 31 mars 2016,  voir :
La revue de presse de l’Observatoire du Nucléaire

Réponses d’EDF aux questions du Collectif STOP-EPR en 2013 sur l’état des Générateurs de vapeur du CNPE de Paluel

L’évacuation des générateurs de vapeur usés du réacteur n°2 du CNPE de Paluel s’explique par leur usure. Vous pouvez lire ci dessous une réponse aux questions du Collectif adressées à EDF en 2013 :

Le Collectif STOP-EPR ni à Penly ni ailleurs revendique que la CLIn Paluel-Penly contribue à une transparence complète sur l’accident du 31 mars survenu à Paluel

Le 31 mars 2016, un accident industriel significatif s’est produit à l’occasion des opérations de « Grand Carénage » qui ont lieu au CNPE de Paluel. Une série de défaillances techniques et humaines a entraîné la chute en cours de manutention d’un générateur de vapeur (GV) dans le bâtiment du réacteur n°2.

Alors que la piscine du bâtiment réacteur était vide, cet imposant équipement sous pression a basculé de toute sa hauteur (22 m) pour s’immobiliser au sol, en partie sur le béton du bâtiment du réacteur, et en partie sur les plateaux de protection de la piscine du bâtiment du réacteur. La chute du GV s’est produite alors qu’il était en « position quasi-verticale, son extrémité basse reposant sur le chariot d’évacuation par l’intermédiaire de cales, et son extrémité haute étant soutenue par un dispositif constitué d’élingues reliées à un palonnier, lui-même relié à un engin de manutention fixé sur le pont polaire du bâtiment du réacteur[1]. » Le palonnier de manutention a également chuté.

Si les conséquences humaines ont été limitées (deux agents choqués et un blessé), nous sommes en droit de nous interroger sur les conséquences matérielles de cet événement dont les causes et les mécanismes restent à établir.

Nous exigeons que toute la lumière soit faite sur cet événement qui donne à voir l’incapacité technique d’EDF à mener à son terme le programme de Grand Carénage.

Lire la suite

De qui se moque EDF à Paluel et ailleurs ?

Au vu des nombreux incidents survenus, des retards et surcouts accumulés ici, il est urgent de suspendre immédiatement les opérations de « Grand Carénage » à Paluel. Non seulement il d’agit de reconsidérer les objectifs que s’est fixé l’exploitant nucléaire mais de mettre un terme à des opérations qui ne vont aucunement améliorer la sûreté nucléaire et la radioprotection.

Afin de justifier cette revendication, voici une analyse critique de ce qui se cache derrière l’expression « Grand Carénage ». Ce projet hors de prix n’est jamais que la conséquence d’une démarche fragile et insuffisante au regard des risques que fait peser le nucléaire sur les populations et le territoire. Plutôt que d’opérer ces travaux inutiles et imposées, il conviendrait plutôt d’envisager la mise à l’arrêt définitif des réacteurs.

Lire la suite

L’acceptabilité économique du nucléaire vole en éclat

Chacun savait que l’acceptabilité sociale de l’industrie nucléaire n’a jamais été acquise. Les installations nucléaires de base ont été imposées aux territoires au mépris des plus élémentaires règles démocratiques.

Depuis elles sont tout au plus tolérées en particulier parce qu’elles offrent des emplois dans des territoires exposées à une déprise économique ancienne. L’Etat nucléaire a en quelque sorte acheté les consciences par l’emploi et la fructueuse taxe sur les INB.

Aujourd’hui ce temps est révolu

La promesse du nucléaire s’effondre. Ni la prospérité, ni la croissance ne sont arrivées dans les territoires nucléarisés. Mais Plus globalement, nous avons affaire à une faillite du modèle énergétique français. Une faillite nucléaire qui pèse sur le budget des ménages et grève les finances publiques.

Toujours plus cher le nucléaire n’est plus capable de répondre à nos besoins. Sa disponibilité est en effet des plus médiocres. Les arrêts « dans un contexte de moindre demande d’électricité, afin d’optimiser la gestion du combustible contenu dans le réacteur » se multiplient. Cela s’observe dans toute l’Europe. Progressivement le recours à l’énergie nucléaire diminue au profit de modes de production plus sûrs, plus efficients et surtout beaucoup moins onéreux.

Toutes les données le confirment. EDF peine de plus en plus à vendre ses kWh atomiques dans un marché européen de l’énergie hautement concurrentiel. Le prix de l’électricité nucléaire est trop élevé[26]. Et surtout elle est trop abondante dans un contexte de baisse tendancielle des consommations[27].

La rente de situation atomique fond comme neige au soleil. Si les exportations d’électricité se poursuivent[28], les revenus qu’elles génèrent s’effondrent. En 2015, selon les chiffres du Trésor, les exportations d’énergie qui mélangent produits raffinés et électricité sont en net recul. En dépit d’un effondrement du cours du pétrole, les quelques 17 Mds€ qu’elles rapportent couvrent à peine un tiers de la facture énergétique française (57.6 Mds€)[29]. Décidément l’atome ne fait plus recette….

Si le nucléaire est chaque jour un peu plus dangereux, à mesure que vieillissent les réacteurs, son inutilité s’affirme au même rythme. La transition énergétique, à l’œuvre depuis une quinzaine d’année sur le Vieux Continent, fait du parc nucléaire français un gigantesque parasite qui ne convainc plus guère[30]. Déjà beaucoup refusent financer ici le trou abyssal d’EDF[31].

Force est de reconnaître que l’acceptabilité économique du nucléaire vole en éclat. On l’observe depuis plusieurs années. Aujourd’hui c’est au tour de la Cour des comptes de mettre en évidence la facture d’une industrie inutile et dangereuse.

La Cour des comptes pointe une nouvelle fois l’impasse économique du nucléaire

Tous les arguments développés par le mouvement antinucléaire sont validés par les experts de la Rue de Cambon :

  1. Le programme d’entretien et de maintenance du parc nucléaire appelé « Grand Carénage » par EDF coûtera au bas mot deux fois plus cher qu’annoncé…
  2. Le coût immense de ces travaux pèse dès aujourd’hui sur le prix du kWh. En effet ce coût a déjà beaucoup augmenté entre 2010 et 2013, de 49,6 à 59,8 euros/mégawattheure (euro/MWh), et même à 62,6 euro/MWh en 2014, « en raison de la forte hausse des investissements de maintenance », écrit-elle.
  3. Enfin on est en droit de s’interroger sur l’utilité de ce grand programme de maintenance au vu de l’évolution de la demande d’électricité.

 

Vous pouvez consulter ci dessous l’intégralité du rapport de la Cour des Comptes sur la maintenance du parc nucléaire :