Archives du mot-clé transition énergétique

Aquind, un grand projet inutile qui ignore la transition énergétique

Au moment même où s’ouvre le Débat public sur la Programmation pluriannuelle de l’énergie[i], en toute discrétion un autre débat débute Mercredi 28 mars à Dieppe[ii]. Un débat sur un nouveau Grand projet inutile conçu au mépris des objectifs de descente énergétique et de relocalisation de la production d’électricité. Le Collectif STOP-EPR ni à Penly ni ailleurs met en cause non seulement l’opportunité du projet Aquind mais aussi ses modalités et ses objectifs.

Lire notre communiqué de presse ci-dessous :

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eolien-marin

Eoliennes en mer des deux côtes, un projet en proie à l’opposition résolue du lobby nucléaire

Les débats récents au sein de l’Agence Française pour la biodiversité sur le projet de parc éolien Dieppe – Tréport prouvent que décidément en France le développement des énergies marines renouvelables est difficile. L’exemple du Tréport est probablement le plus emblématique donnant à voir des obstructions qui n’ont cessé de se renouveler depuis une décennie pour bloquer le développement des parcs éoliens en mer. Opposition si résolue qu’aucuns parcs n’est aujourd’hui en activité. 

Cette situation inacceptable montre clairement comment les adversaires de la transition énergétique agissent pour enchainer la France à l’atome n’hésitant pas à se draper d’une vertu environnementaliste qui n’a rien d’écologiste.

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arrêtons les frais

Le Conseil régional de Normandie prépare l’avenir en regardant vers le passé

Depuis plus de quarante ans, les élus passent mais la même politique énergétique demeure. La Normandie, de La Hague à Penly, est une terre où l’atome a toujours bénéficié de traitements de faveur. En 2011, c’était l’argent de la transition qui filait vers le nucléaire. Aujourd’hui Hervé Morin offre un généreux cadeaux à EDF et AREVA !

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Normandie terre d’atome, portrait d’un territoire sacrifié

Parler de transition énergétique en Normandie n’est pas chose aisée au vu du lourd passif de notre territoire. Encore aujourd’hui, les énergies d’hier sont ici dominantes. La plus ancienne d’entre elles est évidemment le pétrole. En 2014, Jade Lindgaard révélait que 2 des cinq établissements industriels de France qui contribuent le plus au réchauffement climatique se situent en Normandie[1]. Et cela est sans parler des impacts sur le milieu de ces gigantesques installations non seulement dangereuses pour le climat mais aussi pour la santé publique.

Mais la pétrochimie n’est pas la seule responsable de ce paysage amère qu’offre notre territoire. Si la Normandie est la première « région énergétique française » pour l’emploi et la production de richesse[2], c’est aussi parce qu’elle est la deuxième région française pour la production d’électricité. En effet ici on ne compte pas moins de 8 réacteurs de 1 300 MWe répartis sur 3 sites et l’essentiel de ce que la filière nucléaire appelle « l’aval du cycle du combustible » dans le Nord Cotentin… sans oublier le fameux réacteur EPR en construction à Flamanville depuis dix ans. Des capacités gigantesques au regard du caractère dérisoire de l’éolien et du photovoltaïque de La Manche jusqu’à la Seine-Maritime.

Plus encore que le pétrole, l’atome occupe ici une place centrale dans les imaginaires et les politiques publiques mises en œuvre[3]. « Terre d’énergies », la Normandie ne manque jamais une occasion pour célébrer les vertus du mirage atomique. Le 9 juin 2016, la très officielle filière « énergies Normandie » accueillait ainsi en grande pompe Jean-Marc Jancovici à l’ESIGELEC[4]. Tout est fait ici pour ne pas changer de base. Même l’outil de formation est consacré ici à abonder le puits sans fonds de l’industrie atomique de Cherbourg à Dieppe en passant par Fécamp où les métiers de la maintenance nucléaire sont à l’honneur.

Alors que la transition énergétique est au point mort et que François Hollande a brisé les espérances ouvertes par la loi du 13 juillet 2005 de programme fixant les orientations de la politique énergétique[5], dite loi POPE, en capant à 40% la part des énergies renouvelables dans le mix électrique[6], il convient de s’interroger sur les origines de la nucléarisation de la Normandie, principal verrou social et économique entravant toute évolution réelle vers un système énergétique local, solidaire et efficient. Il s’agit surtout de concevoir les conséquences sur le territoire de l’implantation forcée d’installations nucléaires.

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Retour sur l’année 2015, l’année où l’industrie nucléaire a touché le fond

La publication imminente du rapport annuel de l’Autorité de sûreté nucléaire sur la Sureté nucléaire et la radioprotection en France est l’occasion de revenir sur l’année 2015. Une année très riche qui a été marqué par toute une série d’événements donnant à voir la triple faillite sociale, économique et réglementaire de l’industrie nucléaire.

Alors que nous venons de commémorer les catastrophes de Fukushima et de Tchernobyl, il est impératif que le contrôle de sûreté bénéficie d’une autonomie plus grande vis-à-vis du pouvoir politique et des intérêts économiques.

L’Autorité de sûreté doit être en mesure d’imposer à une industrie nucléaire _ qui abuse de dérogations accordées par l’Etat et qui n’hésite pas à falsifier des documents _ des décisions impératives. L’exemple de Bugey 5 prouve que cela est possible. L’enjeu en 2016 afin de prémunir la France d’une catastrophe qui serait fatale pour l’Europe est de prescrire des mises à l’arrêt définitif les réacteurs qui ne satisfont pas au référentiel de sûreté en vigueur.

Non seulement cela est possible comme le relève la Cour des Comptes mais cela est nécessaire au vu de l’incapacité de l’opérateur énergétique de l’Etat à réaliser des opérations indispensables à Paluel, Cruas et ailleurs.

Puisque l’Etat n’a pas le courage de décider nous exposant chaque jour à des risques croissants, si l’Autorité de sûreté nucléaire n’exerce pas pleinement la responsabilité qui est la sienne qui pourra prescrire les mesures qui s’imposent à une industrie qui n’a que trop pollué, trop brisé de vies, trop triché sans apporter aucunement le confort promis au plus grand nombre.