Des rumeurs sur la relance du projet Penly III à la mesure de la crise de l’industrie nucléaire

L’industrie nucléaire ne finit pas de s’effondrer. AREVA coule et la situation économique d’EDF n’est guère meilleure. Quelles que soient les paroles du gouvernement la crise ne fait que s’approfondir. Les syndicats l’ont bien compris et le mouvement de grève du 2 juin est un chant du cygne.

La faillite de l’ambition nucléaire de la France est un fait . Les mesures d’urgence envisagées par le gouvernement Valls n’y changeront rien . Il n’y a guère que le Parti communiste qui croit que la mise en œuvre du Rapport Roussely pourra garantir la pérennité d’une industrie exsangue.

Pourtant le lobby nucléaire ne renonce pas. Il est prêt à tout pour laisser croire que le règne de l’atome n’est pas terminé. Ainsi un cadre de la CFDT a déclaré hier que « François Hollande pourrait annoncer, en juillet, la confirmation de la réalisation d’un EPR pour la centrale de Penly. »

La déclaration est audacieuse mais totalement déconnectée de la réalité. Si en effet deux emplacements existent sur le site de Penly, tout laisse croire qu’il n’est pas question pour EDF de relancer un projet ici avant le début de la prochaine décennie.

Ni la santé financière d’EDF ni la maitrise de la technologie ne permettent de garantir la réalisation d’un EPR. L’exploitant nucléaire est trop occupé à essayer de mener à leur terme des « Grands Carénages » qui ne peuvent garantir la poursuite d’exploitation rêvée par les partisans de l’atome.

Il serait temps que chacun reconnaisse que le nucléaire n’est pas un vecteur de développement durable mais une charge considérable qui bloque la possibilité même d’une authentique transition énergétique .

Un EPR n’est pas un projet viable, ni à Penly ni ailleurs. Un ATMEA ne le serait pas non plus. Faudrait-il encore que l’Etat ait le courage de le reconnaitre en cette année de Conférence internationale sur le climat…