EPR : Une prolongation de l’autorisation de création inutile et dispendieuse

Le 27 mars 2020, le gouvernement a publié en toute discrétion un nouveau décret modifiant celui de 2007 autorisant la création de l’EPR à Flamanville[1], ignorant les réserves techniques rappelées par les associations membres de l’Intercli de la Manche[2] (ACRO, Crepan, CRILAN et Greenpeace) et les nombreuses études réalisées par des experts non-institutionnels depuis le Débat public de 2005-2006[3]

« Une prolongation problématique… »

Ainsi le chantier du réacteur EPR « tête de série » pourrait-il se poursuivre pour quatre années supplémentaires après une première prolongation accordée en 2017[4]. Aujourd’hui le gouvernement récidive fort d’un avis bienveillant de l’Autorité de contrôle[5] sans pour autant pouvoir garantir que l’installation pourra fonctionner comme prévue initialement dans un contexte qui n’a plus rien à voir avec celui qui existait en 2007.

« Dans un contexte économique, énergétique et industriel qui n’a plus rien à voir avec la situation initiale »

Il faut dire que le projet EPR n’a jamais tenu ses promesses comme le reconnaît Jean-Martin Folz dans un rapport public remis à Bruno Lemaire en octobre 2019[6]. « Ecarts », « défaillances » et autres « irrégularités » se sont accumulés au point que d’aucuns reconnaissent que le projet EPR est un « fiasco[7] » tant à Flamanville qu’à Olkiluoto en Finlande n’ont cessé de s’accumuler depuis le début des chantiers[8]. En 2015, les révélations concernant la cuve donnent à la crise de l’EPR une toute autre ampleur donnant à voir non seulement des « malfaçons[9] » mais surtout des mauvaises pratiques indignes d’une industrie qui prétend à l’excellence[10].

Le chantier du prototype de réacteur EPR sur le site de Flamanville qui n’a déjà que trop duré[11] se prolongerait donc jusqu’en 2024 si cette demande n’était pas remise en cause[12]. Dix-sept années de travaux au total pour un réacteur dont personne ne peut dire à ce jour s’il pourrait fonctionner avec toute la fiabilité et la robustesse que l’on est en droit d’attendre d’une installation de cette importance[13].

« Arrêtons les frais et changeons de cap face au changement climatique »

Au regard des vicissitudes de la construction du réacteur EPR[14] et du coût de cette opération[15], il n’est pas déraisonnable de considérer que cette nouvelle prolongation est inutile et dispendieuse. Avec un retard déjà de plus de dix ans et une facture multipliée par bientôt 4, l’EPR n’est décidément pas une bonne affaire[16].

Voilà pourquoi nous adressons cet appel, en écho à la pétition initiée dans la Manche par le CRILAN[17], à toutes et à tous de Normandie et d’ailleurs pour « arrêter les frais ». Mettre un terme à l’aventure industrielle de Flamanville serait un signal fort en faveur de la transition énergétique et industrielle de notre territoire.

Si l’EPR était en mesure de pouvoir fonctionner dans des conditions économiquement acceptables[18], il aurait déjà démarré depuis longtemps. Dans le souci d’éviter un nouveau fiasco industriel après Superphénix, Astrid, Jules Horowitz[19], etc. il est grand temps de signifier la fin de la partie… bien d’autres opportunités pour l’emploi existent ici[20] alors que les chantiers des parcs éoliens en mer commencent[21] et que la rénovation thermique des bâtiments est un défi pour tou(te)s[22].

« Mettons un terme aux dérogations dont bénéficie l’industrie nucléaire »

Tournons la page du nucléaire en renonçant au vain espoir de renouvellement d’une technologie décidément trop chère, trop risquée et inutile. L’avenir énergétique face au Changement climatique est du côté de la maitrise de la demande d’énergie et du déploiement de moyens locaux de production maillés. Ouvrons la voie à une authentique transition énergétique dans l’intérêt de tou(te)s et de la planète… plutôt que de persévérer dans la construction hors de prix qui ne produira jamais l’électricité sûre et bon marché que chacun est en droit d’attendre.

« Monsieur le Premier Ministre entendez la voix des associations qui demandent l’annulation du décret 20 mars 2020 prolongeant de quatre années les délais accordés à la construction de l’EPR »

Appel à l’initiative des associations de Normandie :

Collectif STOP-EPR ni à Penly ni ailleurs, CRILAN, Effet de Serre toi-même !, FNE-Normandie et Nucléaire en Questions

En soutien à l’’action juridique engagée en vue d’annuler la seconde autorisation de prolongation du chantier de l’EPR

Avec le soutien de :

Caroline Amiel (conseillère régionale EELV), Guillaume Blavette (Collectif STOP-EPR ni à Penly ni ailleurs  ), Joel Gernez (Président de FNE-Normandie), Béatrice Hovnanian (Nucléaire en Questions), André Jacques (Président du CRILAN), Yves Lenoir (Président Enfants de Tchernobyl – Belarus), Corinne Lepage (ancienne ministre de l’Environnement), Yannick Rousselet (membre du Haut Comité pour la transparence et l’information sur la sécurité nucléaire), Arnaud Schwartz (Président de France Nature Environnement), Claude Taleb (Conseiller régional EELV), Jacques Terracher (Président de l’ACEVE), Jean-Luc Thierry,

Vous trouverez ci-dessous un ensemble d’éléments justifiants cet appel

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Jancovici, Strange Case of Dr Climat and Mr Atom

On le voit partout même dans les réseaux écologistes où d’aucuns succombent à la logorrhée[1] de l’autoproclamé défenseur du climat[2]. Il faut dire que pour lui l’enjeu est de taille. Non seulement ce monsieur cherche à nous convaincre du caractère indispensable de la production électronucléaire mais surtout il déploie un argumentaire insidieux qui n’est pas sans rappeler ce qu’un Charles Maurras pouvait développer au début du XXe siècle.

Aujourd’hui il parait indispensable au Collectif STOP-EPR ni à Penly ni ailleurs de démonter la prose jancovicienne à l’heure où la filière nucléaire cherche à obtenir un blanc-seing de l’Etat pour construire 6 EPR-NM[3] contre la plus élémentaire rationalité[4]. En réponse à une sollicitation de l’association Effet de Serre toi-même ![5] de Rouen, nous vous proposons un décryptage de quelques sorties d’un personnage toujours prompt à défendre l’indéfendable[6]. C’est aussi pour nous une manière de poursuivre la critique du discours pronucléaire initiée par Guillaume Blavette sur son Blog en 2015[7].

Beaucoup trop oublie en effet l’enjeu atomique. Il s’agit donc de rappeler quelques constats et autres principes pour convaincre qu’il ne pourra y avoir d’authentique transition énergétique sans sortie du nucléaire comme le rappellent justement nos amis de Greenpeace[8]. D’autant plus que ce n’est plus à démontrer aujourd’hui : le nucléaire ne sauvera pas le climat[9] ni encore la société productiviste à en croire une grande diversité de publications[10] dont la synthèse a été publiée par le Réseau Sortir du nucléaire[11]. Pour nous l’objectif est clair : nous ne voulons ni de nucléaire ni d’effet de serre[12]… Le reste est trompeur pour ne pas dire mensonger.

En effet il y a un écart insondable entre les justifications idéalistes de la filière électronucléaire développées par le PCF, la SFEN ou Sauvons le Climat très largement inspiré par « Janco » et le réel du nucléaire tel que nous pouvons l’observer à partir de la CLIn Paluel-Penly[13] et de l’ANCCLI[14].

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Un rapport accablant qui donne à voir l’effondrement technique et organisationnel de la filière nucléaire

Le lundi 28 octobre 2019, Jean-Martin Folz a remis le rapport « La construction de l’EPR de Flamanville » au ministre de l’Économie et des Finances Bruno Le Maire et au Président Directeur Général d’EDF Jean-Bernard Lévy[1]. Le constat est accablant pour le maître d’ouvrage. La presse en fait un large écho[2] :

« Remis le 25 octobre à Bruno Le Maire, le rapport de Jean-Martin Folz sur la construction de l’EPR de Flamanville est sans réelles surprises et sans concession. Après avoir retracé l’historique du projet en le replaçant dans les contextes politiques, l’ex-PDG de PSA Peugeot-Citroën de 1997 à 2007, liste les causes successives de décalage de coûts et de délais qui ont fait passer un projet de construction de réacteur nucléaire de troisième génération qui devait coûter 3,2 milliards d’euros et durer 54 mois (soit 4 ans et demi) à un chantier de 12,4 milliards d’euros qui aura, au mieux, duré 15 ans ! Et encore, si aucun nouveau dérapage ne survient[3]. »

Il faut dire que depuis 2007, ce chantier a accumulé les déboires[4]. En septembre dernier EDF a du une fois encore reconnaître une augmentation des coûts et un allongement de la durée de construction[5] suite à l’affaire des traitements thermiques défectueux sur des équipements sous pression[6]. Pour autant le gouvernement tergiverse ne prenant pas la mesure du problème industriel et énergétique que ce rapport met en évidence[7].

Pour le Collectif STOP-EPR ni à Penly ni ailleurs trois constats s’imposent à la lecture du rapport Folz. Le projet EPR est invalidé dans la mesure où :

  1. le processus décisionnel a été pour le moins erratique ;
  2. la conduite de projet fragile ;
  3. et l’appareil industriel défaillant.

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Réunions publiques 2019 de la CLIN Paluel-Penly

Le Collectif STOP-EPR ni à Penly ni ailleurs revendique depuis des années la diffusion sur internet des réunions publiques de la CLIN Paluel-Penly. En dépit d’une offre de soutien de l’IRSN, le Département de Seine-Maritime n’a pas encore entendu cette demande à notre grand regret.

retrouvez sur notre site les vidéos des deux réunions publiques de 2019

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Voici les vidéos des deux réunions publiques de Saint-Nicolas d’Aliermont et de Grainville la Teinturière des 9 et 16 octobre 2019

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L’Etat en Normandie reconnaît la crise climatique mais reste bien timide et surtout oublie de parler du nucléaire

La préfecture de la Région Normandie a publié en juillet dernier une série des documents dans le cadre de l’élaboration du « profil environnemental » du territoire[1]. Il est appréciable que ces informations soient présentées au public. Pour autant, elles sont bien moins détaillées que celles publiées par une autre institution régionale, l’ORECAN, produit de la fusion des Observatoires régionaux constitués au cours de la précédente mandature en Basse et Haute Normandie[2].

Ce n’est pas la seule différence entre ce qui est proposé aujourd’hui par les services déconcentrés de l’Etat et ce qui était jusque là disponible sur le site des DREAL de Normandie. Bon nombre de données passent à la trappe donnant à voir une conception pour le moins réductrice de la question climatique. C’est le cas en particulier du bilan énergétique du territoire pourtant indispensable pour comprendre les causes et les conséquences du changement climatique.

Le problème est que l’Etat persiste à proposer une conception édulcorée de la crise climatique alors même que la journée mondiale d’action pour le climat a donné à voir une très forte très forte préoccupation pour le climat ici[3] et ailleurs[4]. Un document établi à partir d’une note de Juillet 2010 du Commissariat général au développement durable[5] présente la même vision incomplète et réductrice du changement climatique… de ses causes et de ses conséquences effectives.

En l’état, ce document n’est pas acceptable. Le Collectif STOP-EPR ni à Penly ni ailleurs le publie afin d’amener le plus grand nombre à s’exprimer sur l’élaboration d’un authentique état des lieux qui mettent en évidence non seulement les effets déjà observables du changement climatique mais les nécessaires efforts à réaliser au titre de l’adaptation et de l’atténuation du changement climatique. Le premier est bien évidemment de reconnaître l’extraordinaire faiblesse du profil énergétique de la région connu depuis longtemps[6] et plus particulièrement des centrales nucléaires obsolètes exposées à l’évolution du milieu marin et du trait de côte.

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La gestion des déchets radioactifs est un gouffre financier

La Cour des comptes a publié le 04 juillet 2019 un rapport très intéressant sur l’aval du cycle du combustible. L’air de rien les sages de la rue de Cambon donne à voir la gabegie économique qui prévaut après la sortie des réacteurs des combustibles usés utilisés pendant quelques mois pour fabriquer l’électricité la plus dangereuse et la plus polluante qui soit.

Non seulement la gestion des matières et déchets radioactifs qui prévaut en France abouti à une accumulation délirante de matières dites valorisables dans l’espoir de développer un jour un parc complet de surgénérateur mais le coût de cette accumulation qui passe par le traitement des combustibles usés fait peser sur nos factures d’électricité une pression qui n’est plus acceptable à l’heure de la transition énergétique.

Le Collectif STOP-EPR ni à Penly ni ailleurs vous propose quelques morceaux choisis piochés dans la littérature officielle pour prendre la mesure de la gabegie atomique :

lundi 3 juin 2013

Les transports un enjeu négligé de la gestion des matières et déchets radioactifs

Nouvelle prise de position du Collectif STOP-EPR ni à Penly ni ailleurs à l’occasion du Débat public sur le Plan national de gestion des matières et déchets radioactifs.

Il ne peut y avoir de gestion sûre des matières et déchets radioactifs sans reconsidérer la doctrine de transport et surtout un renoncement complet au déplacement des Mox usés et des déchets vitrifiés.

Cahier Acteur Senpna Transport Dp Pngmdr

Cette prise de position s’inscrit dans la continuité de notre engagement dans le Débat public de 2013 sur le projet Cigéo :

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