Hervé Morin dit tout haut ce que EDF pense tout bas…

Le président de la Région Normandie s’est rendu le vendredi 15 septembre sur le chantier EPR de Flamanville dans la Manche. Son intention était claire :  exprimez la volonté de la Région d’accueillir un second Chantier EPR…

EDF s’est bien évidemment félicité de la prise de position de l’ancien ministre de la défense qui n’a jamais caché son amour pour l’atome. Les autres élu(e)s présent(e)s ont repris en chœur la petite ritournelle de l’emploi… ignorant manifestement les aléas du chantier EPR.

EDF a trouvé un nouveau porte-parole

Les réactions n’ont pas tardées. Et d’aucuns ont relevé le caractère anachronique de la déclaration de ce Président de Région réputé pour sa maîtrise des dossiers…

Morin flamanville

La chose est probablement plus sérieuse qu’il n’y parait et cela pour deux raisons principales :

  1. Lors du débat public sur le projet de réacteur EPR à Flamanville, EDF n’a jamais caché son intention de construire là une tête de série… annonçant la construction d’un second réacteur en 2020 :
  2. Le projet Penly 3 n’est en aucun cas annulé mais seulement suspendu… en tout cas c’est ce que ne cesse de répéter à la moindre occasion l’opérateur énergétique de l’Etat .

Hervé Morin n’a fait que reprendre cette petite mélodie que ne cesse de siffler les lobbyistes d’EDF depuis qu’il a accédé à la présidence de région.

Rien de très nouveau sous le soleil…

Le Président Région s’inscrit dans une longue tradition régionale. A croire ici qu’une splendide soumission à l’atome est la condition indispensable pour accéder aux fonctions les plus importantes.

Sous la précédente mandature, la réalité était la même sauf qu’elle ne se disait pas. Si les élus écolos avaient réussi à gommer toute mention de l’EPR dans le texte du Schéma régional climat-air-énergie, les données chiffrées indiquaient bel et bien qu’un nouveau réacteur serait nécessaire pour atteindre le mixe énergétique recommandée par la DREAL…

Aujourd’hui au moins les choses sont claires. La majorité régionale assume son tropisme conservateur. Reste à savoir désormais comment dans ce territoire au potentiel renouvelable immense seront atteint les objectifs de la Loi de transition énergétique seront atteints si tout l’argent fuit encore vers l’atome ?

Une politique énergétique régionale cohérente et ambitieuse est nécessaire face à l’urgence écologique et sociale

Toujours est-il qu’au moment où la région lance une vaste consultation sur le devenir du territoire la tirade atomique d’Hervé Morin a de quoi faire sourire. A quoi cela sert-il de consulter les Normand(e)s si le bon désir du prince reste déterminant ?

La réflexion sur le SRADDET ne devait-elle pas amené le Président de Région et sa majorité à une position toute autre que celle affichée à Flamanville ?

Quelques éléments le laissent penser :

  1. le délabrement du parc nucléaire normand est un fait avéré au vu de la très faible disponibilité des réacteurs,
  2. la maintenance de ces vieilles casseroles est hors de prix de l’aveu même de la Cour des Comptes et déterminent un coût du kWh nettement supérieur à celui des renouvelables,
  3. le chantier EPR est une farce qui discrédite l’ensemble de l’industrie française,
  4. alors que bien peu est fait pour favoriser le développement des énergies renouvelables…

Dix ans après la finalisation du premier projet off shore, aucune éolienne en mer n’est encore sortie des eaux de la Manche. L’éolien terrestre est au point mort. La seule entreprise de photovoltaïque va mettre la clef sous la porte, etc.

Plutôt que s’acharner dans une impasse, il conviendrait qu’Hervé Morin ouvre les yeux et admette qu’une Normandie sans nucléaire est possible. Il s’agit seulement d’initier plus encore que ces prédécesseurs une transition digne de ce nom…

Voilà pourquoi en conclusion, le Collectif STOP-EPR ni à Penly ni ailleurs invite le Président de Région et son vice Président à l’environnement, Hubert Dejean de la Batie,  à lire voire à relire cette étude qui reste d’actualité :

STOP-EPR ni à Penly ni ailleurs appelle à manifester le 30 septembre 2017 à Saint-Lô pour dire non à l’EPR de Flamanville

STOP EPR

contact transport : François Simon (06 08 56 54 36)

Avis de tempête sur la sûreté nucléaire

La publication du rapport annuel de l’ASN est toujours un moment important de l’actualité nucléaire. D’année en année la date de sa publication a été repoussée donnant à voir les difficultés d’élaborer un bilan qui puisse satisfaire les exploitants, l’Etat nucléaire sans s’écarter trop de la réalité effective de la filière nucléaire.

En 2017 on a le droit à un exemplaire au mieux mélancolique. L’ASN qui ploie sous la charge de travail peine à dissimuler les pressions qui pèsent sur son activité. Elle nous livre un rapport d’une banalité confondante qui ne réussit cependant pas à cacher cette « année qui dérange » décrite par Valéry Laramée de Tannenberg dans un brillant article publié le 25 juillet 2017 par le Journal de l’environnement.

Un sursaut s’impose rapidement à Montrouge en particulier après la présentation au public d’un projet d’avis consternant sur la cuve de l’EPR.

Il n’appartient pas à l’ASN d’accompagner la politique énergétique d’un Etat en faillite qui persévère dans l’impasse nucléaire. Chacun attend d’elle qu’elle face valoir le droit de l’environnement et rappelle à la règle exploitants et industriels qui tentent chaque jour de le contourner de mille manières.

Pour quoi la demande de modification de rejets est prélèvements d’EDF à Paluel est inacceptable ?

Depuis le 27 février 2017 sont mis en consultation sur le site de l’Autorité de sûreté nucléaire trois projets de décisions relatifs aux rejets et prélèvements de la centrale nucléaire de Paluel. 15 jours sont offerts à la société civile et à l’opinion publique pour formuler des avis argumentés sur un sujet complexe des plus problématiques. Ce délai est dérisoire mais il ne doit pas dissuader le plus grand nombre d’aller voir la réalité d’une industrie qui veut polluer en toute impunité. Les quelques informations communiquées au public suffisent pour comprendre que les impacts du nucléaire sur l’environnement sont considérables et se font au détriment des autres activités du territoire.

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Exprimez votre opposition à la mise en service de l’EPR, un réacteur dont la cuve ne correspond pas aux normes en vigueur

Depuis le 10 juillet, c’est officiel. L’Autorité de sûreté nucléaire a cédé. Après une longue procédure et un programme d’essais de grande ampleur, la cuve de l’EPR serait bonne pour le service.

Un tel positionnement de l’Autorité de contrôle exposée à milles contraintes politiques, économiques et industrielles n’est pas acceptable. Ce faisant, cette institution se tire une balle dans le pied donnant à voir à tous que c’est le lobby nucléaire qui fait la loi ici…

STOP-EPR vous invite en conséquence à participer à la consultation du public sur le projet d’avis de l’ASN relatif à la cuve de l’EPR de Flamanville qui a lieu tout au long de l’été. Il s’agit de dire « non » à une cuve « en carton » mais aussi d’exiger une réelle indépendance de l’Autorité de contrôle…

Vous trouverez ci-dessous, quelques documents qui permettent de mieux comprendre le projet d’avis soumis au public par l’Autorité de sûreté nucléaire :

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Everything You Always Wanted to Know About EPR’s vessel

La rumeur s’emballe. La cuve de l’EPR serait bonne pour le service. EDF et AREVA à grand renfort de communication voudraient mettre chacun devant le fait accompli. Sauf que les choses ne sont pas si simples. Non seulement les motifs qui ont amené l’Autorité de contrôle à mettre en cause l’aptitude au service de la cuve de l’EPR sont réels et sérieux mais ils révèlent la défaillance de l’ensemble d’une filière industrielle. La cuve de l’EPR n’est jamais que l’exemple le plus évident d’une impasse technologique.

L'EPR et la cuve de cristal

Afin d’éclairer le débat, le Collectif STOP-EPR ni à Penly ni ailleurs présente aujourd’hui quelques documents publiés depuis l’automne 2015 sur la cuve et sa fabrication dans les vieilles forges de Bourgogne. Plutôt que d’asséner une analyse toute faite, nous préférons livrer à  l’attention de chacun(e) des éléments effectifs qui donnent à voir l’ampleur du problème et les innombrables démarches mises en œuvre pour tenter d’expliquer que la fragilité du cœur du réacteur n’est pas si grave…

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