Conférence débat sur les risques nucléaires à Rouen le 3 juin 2016 à partir de 17 h au Pôle régional des savoirs

La Normandie est la région d’Europe la plus  marquée par l’ industrie nucléaire. Non seulement 8 réacteurs sont exploités par EDF de Flamanville à Penly mais le site de  La Hague ainsi que le centre de stockage de la Manche concentrent ici des risques immenses pour la santé et l’’environnement.

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Le Collectif Anti-nucléaire Ouest qui organise un rassemblement à Flamanville le 1er octobre  2016 contre la construction du réacteur EPR et la prolongation des réacteurs anciens, vous invite avec ses partenaires locaux à participer à une soirée à Rouen consacrée aux risques nucléaires.

Pourquoi les installations nucléaires sont-elles dangereuses ? La manière de gérer le parc nucléaire augmente-t-elle ces risques ? Comment le vieillissement les accroit-il ? L’industrie nucléaire peut-elle garantir une réelle sûreté ?  Quelles seraient les conséquences d’un accident nucléaire sur notre territoire ?

Voilà autant de questions concrètes qui seront abordées au cours de cette soirée d ‘échange et de débat.

 

Retour sur l’année 2015, l’année où l’industrie nucléaire a touché le fond

La publication imminente du rapport annuel de l’Autorité de sûreté nucléaire sur la Sureté nucléaire et la radioprotection en France est l’occasion de revenir sur l’année 2015. Une année très riche qui a été marqué par toute une série d’événements donnant à voir la triple faillite sociale, économique et réglementaire de l’industrie nucléaire.

Alors que nous venons de commémorer les catastrophes de Fukushima et de Tchernobyl, il est impératif que le contrôle de sûreté bénéficie d’une autonomie plus grande vis-à-vis du pouvoir politique et des intérêts économiques.

L’Autorité de sûreté doit être en mesure d’imposer à une industrie nucléaire _ qui abuse de dérogations accordées par l’Etat et qui n’hésite pas à falsifier des documents _ des décisions impératives. L’exemple de Bugey 5 prouve que cela est possible. L’enjeu en 2016 afin de prémunir la France d’une catastrophe qui serait fatale pour l’Europe est de prescrire des mises à l’arrêt définitif les réacteurs qui ne satisfont pas au référentiel de sûreté en vigueur.

Non seulement cela est possible comme le relève la Cour des Comptes mais cela est nécessaire au vu de l’incapacité de l’opérateur énergétique de l’Etat à réaliser des opérations indispensables à Paluel, Cruas et ailleurs.

Puisque l’Etat n’a pas le courage de décider nous exposant chaque jour à des risques croissants, si l’Autorité de sûreté nucléaire n’exerce pas pleinement la responsabilité qui est la sienne qui pourra prescrire les mesures qui s’imposent à une industrie qui n’a que trop pollué, trop brisé de vies, trop triché sans apporter aucunement le confort promis au plus grand nombre.

Tchernobyl Day, action

Ce mercredi 27 avril, le collectif Stop EPR ni à Penly ni ailleurs était cet après-midi en action aux côtés de Greenpeace,  d’Alternatiba, des Jeunes écolos et du MAN à l’occasion des 30 ans de Tchernobyl.

Resize of P1200120 Resize of P1200109Les préparatifs avant l’action sur la boutique EDF de Rouen

le tract ci dessous de l’action.

Collectif STOP-EPR, ni a Penly, ni ailleurs

 

Tchernobyl, 30 ans après, la catastrophe continue

Dans la nuit du 25 au 26 avril 1986 a eu lieu à la centrale nucléaire de Tchernobyl la plus grande catastrophe industrielle de l’histoire. La radioactivité libérée par l’explosion et l’incendie a fortement contaminé une superficie d’environ 160 000 km² au Nord de Kiev, au Sud de la Biélorussie et à l’ouest de la Russie (Haute Normandie 12 300 km²). L’étendue et l’intensité des retombées radioactives ont été telles que tout effort de décontamination est aujourd’hui rendu impossible. En d’autres termes, Tchernobyl ne pourra jamais être rendu à la société civile; il faut renoncer pour toujours à ce territoire insalubre. La radioactivité s’est également dispersées sur une grande partie de l’Europe. Des concentrations élevées se sont déposées notamment en Autriche, et en Scandinavie. La France n’a pas été épargnée : les Alpes, la Corse et l’Alsace sont les régions les plus touchées. Des contaminations importantes ont par ailleurs été mesurées ponctuellement dans des zones globalement moins impactées par les retombées radioactives : on mesure, par exemple, 91Bq/kg sec de césium-137 dans un sol forestier de Seine-Maritime.

Resize of P1200123 Resize of P1200122Les faill(ites) du nucléaire : fuites de tritium, endettement financier, malfaçon de la cuve de l’EPR, chute de générateur de vapeur du grand carénage etc.

 

Les citoyens, devenus des cobayes humains.

Dans les zones les plus touchées autour de Tchernobyl et non fermées à la population, entre 5 et 8 millions de gens sont condamnés à consommer des productions agricoles contaminées, en particulier au césium-137. La désinformation est toujours à l’œuvre concernant les impacts sanitaires réels de Tchernobyl. Ainsi le lobby de l’atome, dont le CEPN, une ONG française financée par EDF et AREVA a mis en place le programme appelé « ETHOS » pour prouver que l’on peut vivre, travailler, cultiver en zone contaminée. Dans leur « novlangue », il n’y a pas de catastrophe nucléaire, mais un « incident radiologique », il n’y a pas de « contamination », mais « un bilan de becquerels à gérer soi même », si on mange trop de ceci, alors il faut manger un peu moins de cela, si on passe par là parce que c’est trop contaminé, alors il faut rester chez soi un jour ou deux. Pour le lobby nucléaire, l’augmentation des pathologies et la dégradation de l’état de santé des populations y sont mises sur le compte du stress, de l’alcoolisme, de la radiophobie et de la détérioration des conditions économiques et sociales dans les régions concernées. Pourtant, des recherches menées par des scientifiques indépendants mettent au jour des chiffres autrement plus élevés. Selon une étude du Pr. Yuri Bandajevski, publiée dans les annales de l’Académie des Sciences de New-York en 2011, la catastrophe et ses suites seraient responsables de 985 000 morts.

Vivre en territoires contaminés est aussi le sort qui attend les populations japonaises et leurs enfants après la catastrophe de Fukushima. C’est aussi ce que nous réservent l’État français et son lobby de l’atome (EDF, AREVA, CEA, IRSN) à travers la gestion post-accidentelle.

Resize of P1200148 Resize of P1200121Rendez-vous le 1er et 2 octobre prochain à Flamanville (Manche) pour le grand rassemblement antinucléaire de l’année

La gestion post-accidentelle en France : la responsabilité du risque

nucléaire transférée sur nous, les citoyens !

Dans son document « Doctrine Nationale pour la Gestion Post-Accidentelle » du 21 novembre 2012, l’Autorité de Sûreté Nucléaire française (ASN) retient dans une phase ultime après l’accident «trois objectifs fondamentaux : la protection des populations contre les dangers des rayonnements ionisants, l’appui aux populations victimes des conséquences de l’accident et la reconquête des territoires affectés sur le plan économique et social». Mais l’ASN nous ment. Après l’accident majeur, la population ne sera pas protégée contre les radiations, à moins d’être totalement évacuée. Elle sera, au contraire journellement contaminée notamment par l’ingestion et l’inhalation des différents radioéléments contenus dans l’alimentation et dans les eaux et les sols. La gestion de la population se fera donc par la DOSE. Or, même à faibles doses, les effets à terme sont dévastateurs sur la santé de la population avec une augmentation de la MORBIDITE (maladies diverses) et de la MORTALITE. Quant à la “reconquête des territoires affectés sur le plan économique et social  » : cela signifie simplement que la FRANCE fera comme le JAPON : la population sera à nouveau autorisée à consommer des denrées CONTAMINEES pour le bien-être de l’ECONOMIE!. Ou pire, comme à Tchernobyl, la population sera abandonnée, voir ségréguée.

 

Cuve défectueuse de l’EPR de Flamanville : des essais pour la déclarer bonne pour le service malgré tout !

COMMUNIQUE DE PRESSE

Cuve défectueuse de l’EPR de Flamanville : des essais pour la déclarer bonne pour le service malgré tout !

Le 6 avril 2016 a eu lieu à Paris, la deuxième réunion du groupe d’expertise pluraliste constituée à l’initiative de l’ANCCLI après la révélation par l’Autorité de sûreté nucléaire, en avril 2015, de défauts de fabrication sur les calottes haute et basse de la cuve du réacteur EPR en construction à Flamanville1, défauts qui peuvent les faire se fissurer au moindre choc thermique. Or la cuve est un élément-clé de sûreté de l’installation.

  • Ces essais sont effectués sur des calottes initialement prévues pour des projets aux Etats-Unis. Ils ne peuvent rien prouver : ils ne sont pas effectués sur la cuve de Flamanville 3.
  • Ces essais ne portent que sur la propriété mécanique à mi-épaisseur , mais pas sur la totalité. Les défauts en plus grande profondeur ne pourront être vus.
  • Ces essais ne sont pas conçus que pour répondre à la tenue de la cuve dans une situation où le réacteur tournerait au ralenti. Cela démontre que l’industriel renonce à faire tourner son réacteur à plein régime.

La décision la plus sage est de reconnaître le fiasco du chantier EPR et d’y mettre un terme. Les choses n’ont que trop duré ruinant à la fois le maitre d’ouvrage, EDF, et son partenaire industriel, AREVA. Il est grand temps de mettre un terme au projet EPR de Flamanville dont le coût a triplé en dépassant les 10 milliards d’euros. Il est grand temps de mettre un terme à un programme dont les ambitions ne peuvent être satisfaites au vu des pertes de compétence et de savoir-faire d’une industrie défaillante, obsolète et dangereuse.

Aussi le Collectif anti-nucléaire Ouest appelle à être
Tous à Flamanville
Les 1er et 2 octobre 2016
Arrêt du nucléaire, énergie de destruction massive

 

Contact presse :

Didier Anger : 06 80 23 39 45

Guillaume Blavette : 06 62 29 50 48

Martial Château : 02 43 94 72 88

Chantal Cuisnier : 06 84 14 58 87

contact@can-ouest.org – www.can-ouest.org

(1) http://www.asn.fr/Informer/Actualites/Cuve-de-l-EPR-de-Flamanville-3-nouveau-programme-d-essais