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Retour sur l’année 2015, l’année où l’industrie nucléaire a touché le fond

La publication imminente du rapport annuel de l’Autorité de sûreté nucléaire sur la Sureté nucléaire et la radioprotection en France est l’occasion de revenir sur l’année 2015. Une année très riche qui a été marqué par toute une série d’événements donnant à voir la triple faillite sociale, économique et réglementaire de l’industrie nucléaire.

Alors que nous venons de commémorer les catastrophes de Fukushima et de Tchernobyl, il est impératif que le contrôle de sûreté bénéficie d’une autonomie plus grande vis-à-vis du pouvoir politique et des intérêts économiques.

L’Autorité de sûreté doit être en mesure d’imposer à une industrie nucléaire _ qui abuse de dérogations accordées par l’Etat et qui n’hésite pas à falsifier des documents _ des décisions impératives. L’exemple de Bugey 5 prouve que cela est possible. L’enjeu en 2016 afin de prémunir la France d’une catastrophe qui serait fatale pour l’Europe est de prescrire des mises à l’arrêt définitif les réacteurs qui ne satisfont pas au référentiel de sûreté en vigueur.

Non seulement cela est possible comme le relève la Cour des Comptes mais cela est nécessaire au vu de l’incapacité de l’opérateur énergétique de l’Etat à réaliser des opérations indispensables à Paluel, Cruas et ailleurs.

Puisque l’Etat n’a pas le courage de décider nous exposant chaque jour à des risques croissants, si l’Autorité de sûreté nucléaire n’exerce pas pleinement la responsabilité qui est la sienne qui pourra prescrire les mesures qui s’imposent à une industrie qui n’a que trop pollué, trop brisé de vies, trop triché sans apporter aucunement le confort promis au plus grand nombre.

De qui se moque EDF à Paluel et ailleurs ?

Au vu des nombreux incidents survenus, des retards et surcouts accumulés ici, il est urgent de suspendre immédiatement les opérations de « Grand Carénage » à Paluel. Non seulement il d’agit de reconsidérer les objectifs que s’est fixé l’exploitant nucléaire mais de mettre un terme à des opérations qui ne vont aucunement améliorer la sûreté nucléaire et la radioprotection.

Afin de justifier cette revendication, voici une analyse critique de ce qui se cache derrière l’expression « Grand Carénage ». Ce projet hors de prix n’est jamais que la conséquence d’une démarche fragile et insuffisante au regard des risques que fait peser le nucléaire sur les populations et le territoire. Plutôt que d’opérer ces travaux inutiles et imposées, il conviendrait plutôt d’envisager la mise à l’arrêt définitif des réacteurs.

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Bilan de la situation économique de la filière nucléaire

Les informations se succèdent et confirment toutes que l’industrie nucléaire est au bord du dépôt de bilan. Pour autant l’Etat persévère dans l’erreur et apporte un soutien indéfectible à cette industrie de destruction massive.

Afin de mieux comprendre cette situation et la résolution de l’Etat à soutenir coûte que coûte l’industrie de l’atome, voici une revue de presse qui donne à voir l’ampleur du problème

L’acceptabilité économique du nucléaire vole en éclat

Chacun savait que l’acceptabilité sociale de l’industrie nucléaire n’a jamais été acquise. Les installations nucléaires de base ont été imposées aux territoires au mépris des plus élémentaires règles démocratiques.

Depuis elles sont tout au plus tolérées en particulier parce qu’elles offrent des emplois dans des territoires exposées à une déprise économique ancienne. L’Etat nucléaire a en quelque sorte acheté les consciences par l’emploi et la fructueuse taxe sur les INB.

Aujourd’hui ce temps est révolu

La promesse du nucléaire s’effondre. Ni la prospérité, ni la croissance ne sont arrivées dans les territoires nucléarisés. Mais Plus globalement, nous avons affaire à une faillite du modèle énergétique français. Une faillite nucléaire qui pèse sur le budget des ménages et grève les finances publiques.

Toujours plus cher le nucléaire n’est plus capable de répondre à nos besoins. Sa disponibilité est en effet des plus médiocres. Les arrêts « dans un contexte de moindre demande d’électricité, afin d’optimiser la gestion du combustible contenu dans le réacteur » se multiplient. Cela s’observe dans toute l’Europe. Progressivement le recours à l’énergie nucléaire diminue au profit de modes de production plus sûrs, plus efficients et surtout beaucoup moins onéreux.

Toutes les données le confirment. EDF peine de plus en plus à vendre ses kWh atomiques dans un marché européen de l’énergie hautement concurrentiel. Le prix de l’électricité nucléaire est trop élevé[26]. Et surtout elle est trop abondante dans un contexte de baisse tendancielle des consommations[27].

La rente de situation atomique fond comme neige au soleil. Si les exportations d’électricité se poursuivent[28], les revenus qu’elles génèrent s’effondrent. En 2015, selon les chiffres du Trésor, les exportations d’énergie qui mélangent produits raffinés et électricité sont en net recul. En dépit d’un effondrement du cours du pétrole, les quelques 17 Mds€ qu’elles rapportent couvrent à peine un tiers de la facture énergétique française (57.6 Mds€)[29]. Décidément l’atome ne fait plus recette….

Si le nucléaire est chaque jour un peu plus dangereux, à mesure que vieillissent les réacteurs, son inutilité s’affirme au même rythme. La transition énergétique, à l’œuvre depuis une quinzaine d’année sur le Vieux Continent, fait du parc nucléaire français un gigantesque parasite qui ne convainc plus guère[30]. Déjà beaucoup refusent financer ici le trou abyssal d’EDF[31].

Force est de reconnaître que l’acceptabilité économique du nucléaire vole en éclat. On l’observe depuis plusieurs années. Aujourd’hui c’est au tour de la Cour des comptes de mettre en évidence la facture d’une industrie inutile et dangereuse.

La Cour des comptes pointe une nouvelle fois l’impasse économique du nucléaire

Tous les arguments développés par le mouvement antinucléaire sont validés par les experts de la Rue de Cambon :

  1. Le programme d’entretien et de maintenance du parc nucléaire appelé « Grand Carénage » par EDF coûtera au bas mot deux fois plus cher qu’annoncé…
  2. Le coût immense de ces travaux pèse dès aujourd’hui sur le prix du kWh. En effet ce coût a déjà beaucoup augmenté entre 2010 et 2013, de 49,6 à 59,8 euros/mégawattheure (euro/MWh), et même à 62,6 euro/MWh en 2014, « en raison de la forte hausse des investissements de maintenance », écrit-elle.
  3. Enfin on est en droit de s’interroger sur l’utilité de ce grand programme de maintenance au vu de l’évolution de la demande d’électricité.

 

Vous pouvez consulter ci dessous l’intégralité du rapport de la Cour des Comptes sur la maintenance du parc nucléaire :