Archives du mot-clé Alternatiba

action FNE1

Contester le nucléaire en Seine-Maritime (2005-2019)

La centrale de Paluel a connu le 31 juillet 2019 un arrêt automatique de la tranche n°3 en raison d’un colmatage de la prise d’eau du réacteur. Ce n’est pas la première fois qu’un événement de ce genre intervient sur une centrale littorale. Mais cela n’avait aucunement été envisagé lors de la conception de ces centrales à une époque où le changement climatique était perçu comme une lubie d’écolo. 40 ans plus tard, la péjoration de l’environnement en raison de l’accumulation de gaz à effet de serre dans l’atmosphère est un fait. Aucune industrie ne peut l’ignorer. Tout particulièrement l’industrie nucléaire si fragile en dépit du caractère imposant de ses installations.

D’aucuns pourraient croire que le destin de cette filière est scellé. Sa fragilité face aux colères de la Nature comme la hausse tendancielle de ses coûts mise en évidence depuis le fameux rapport Charpin-Dessus-Pellat à la fin du siècle dernier annoncent la fin inéluctable de cette production. L’ère du nucléaire touche à sa fin tant pour des causes externes que pour des raisons internes. Non seulement les installations ne sont pas dans un état pleinement satisfaisant mais les écarts sont nombreux sans parler de la perte globale de confiance dans la sincérité d’une filière suite à l’affaire du Creusot.

Pour autant la machine nucléaire reste puissante tout particulièrement en France où d’aucuns croient encore au mythe d’une énergie sûre, inépuisable et quasi gratuite. Même blessée et conspuée, la pieuvre atomique prétend à la perpétuité persuadée de sa vertu intrinsèque. Et elle nous oppose nombre de grands projets aussi inutiles que farfelus pour élargir un peu plus encore son emprise sur le territoire et rafistoler ses vieilles installations qui fuient de toute part.

L’opposition au nucléaire a de quoi faire…

Cependant la contestation du nucléaire ne fait plus guère recette. Une profonde désaffection touche cette cause qui fut au cœur de l’affirmation du mouvement écologiste dans les années 1970. Les associations locales antinucléaires se comptent sur les doigts de la main alors que les rassemblements spécifiquement antinucléaires ne rassemblent que quelques milliers de personnes depuis une dizaine d’année. Tout donne à voir que cette cause n’est plus attractive surtout auprès d’une nouvelle génération militante en quête d’alternatives.

Mais ne fait plus recette !

Bien des choses ont été écrites pour caractériser cette crise. Le discours le plus connu est celui de Sezin Topçu. A la lire, le mouvement antinucléaire se serait perdu dans la « participation » à des instances de concertation et aurait ainsi renoncé à la radicalité des premiers temps. Thèse caricaturale s’il en est. Elle oublie non seulement la multiplicité des pratiques antinucléaires mais surtout l’histoire de cette industrie et de sa gouvernance. La situation est bien plus complexe que d’aucuns voudraient le donner à voir…

L’expérience du Collectif STOP-EPR ni à Penly ni ailleurs depuis 14 ans peut apporter un éclairage à la réflexion sur la crise du mouvement antinucléaire à l’heure de l’assomption de la mobilisation pour le climat. Nous avons été confrontés collectivement à l’inversion des priorités dans une région où les effets du changement climatiques et les risques industriels constituent des dangers immédiats qu’il est bien difficile de hiérarchiser. Le nucléaire est insensiblement passé au second plan des préoccupations militantes et politiciennes alors que la cause climatique a été portée au statut de cause principale.

Plutôt que de développer un discours abstrait, un récit permet d’expliquer le lent glissement de la cause antinucléaire et l’érosion des mobilisations contre la filière atomique. Au fil des dix années qui viennent de s’écouler, le Collectif a vu son influence « politique » s’éroder progressivement à mesure que les militants se sont éloignés de l’opposition au nucléaire. Sans pour autant disparaître. L’association dans le même temps s’est affirmée comme acteur reconnu sur la scène médiatique et dans le champ institutionnel. Les militants des premiers temps sont devenus des « spécialistes » suscitant au mieux l’indifférence de leurs anciens soutiens…

Lire la suite

Compte rendu du café-débat : quelles alternatives pour une transition énergétique solidaire face à l’urgence climatique?

alternatiba_fbpic1       vendredi 23 janvier 18h30-20h30

Pour ce café débat organisé par la commission énergie d’Alternatiba Rouen (dont le collectif Stop EPR ni à Penly ni ailleurs a adhéré à la démarche), une quarantaine de personnes s’étaient déplacées pour écouter et questionner Bernard Laponche, physicien nucléaire, consultant international dans les domaines de l’énergie et de l’efficacité énergétique et membre de l’association Global Chance.

vlcsnap-2015-01-29-21h06m04s230 vlcsnap-2015-01-29-21h04m10s197

 

Le débat fût organisé autour de la transition énergétique et de ses alternatives et on peut dire de notre invité qu’il a largement embrassé le sujet. Il s’est d’abord entretenu sur le projet de loi de la transition énergétique en le recadrant dans le long combat écologique de ses trente dernières années. Les objectifs et ses étapes ont été rappelés ainsi que leur importance. Puis il a évoqué des exemples d’alternatives citoyennes ou de collectivités qui ont décidé de prendre en main leur destin énergétiques à travers des projets soient d’économies d’énergie ou bien de production.

En Haute Normandie, terre d’énergies du passé avec une industrie pétrolière et nucléaire dominante, nous ne désespérons pas que des projets d’énergie citoyenne voient le jour. Le village des alternatives Alternatiba Rouen sera-t-il le déclencheur de telles initiatives ? Rendez-vous en octobre 2015. D’ici là, la commission énergie va poursuivre son animation du débat et de découvreur de projets.

Quelles alternatives pour une transition énergétique solidaire face à l’urgence climatique?

Dans le cadre de la dynamique portée par le Collectif Alternatiba-Rouen,

Le Collectif STOP-EPR ni à Penly ni ailleurs vous invite à participer

le vendredi 23 janvier 2015 à Rouen

 

la_sobriete_energetique_c_est_maintenant

au café-débat sur la transition énergétique avec Bernard Laponche

à l’heure où les prix de l’énergie s’envolent, où les ressources fossiles s’épuisent, où le dérèglement climatique menace, il est urgent de changer de modèle énergétique. Grace à une consommation plus sobre, plus efficiente, on peut aujourd’hui se passer des énergies d’hier qui nous exposent à des risques considérables. Non seulement cela est possible mais c’est nécessaire. Une multitude de solutions existent déjà. Des expériences sont à l’œuvre et prouvent que l’on peut vivre mieux en consommant autrement et surtout beaucoup moins.

Venez le Vendredi 23 janvier 2015 à 18 h 30 au café des Augustins Place Saint Marc à Rouen discutez de tout cela avec nous. Bernard Laponche, acteur historique de la transition énergétique, sera à nos côtés pour témoigner de son expérience et répondre à vos questions