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La gestion des déchets radioactifs est un gouffre financier

La Cour des comptes a publié le 04 juillet 2019 un rapport très intéressant sur l’aval du cycle du combustible. L’air de rien les sages de la rue de Cambon donne à voir la gabegie économique qui prévaut après la sortie des réacteurs des combustibles usés utilisés pendant quelques mois pour fabriquer l’électricité la plus dangereuse et la plus polluante qui soit.

Non seulement la gestion des matières et déchets radioactifs qui prévaut en France abouti à une accumulation délirante de matières dites valorisables dans l’espoir de développer un jour un parc complet de surgénérateur mais le coût de cette accumulation qui passe par le traitement des combustibles usés fait peser sur nos factures d’électricité une pression qui n’est plus acceptable à l’heure de la transition énergétique.

Le Collectif STOP-EPR ni à Penly ni ailleurs vous propose quelques morceaux choisis piochés dans la littérature officielle pour prendre la mesure de la gabegie atomique :

lundi 3 juin 2013

Les transports un enjeu négligé de la gestion des matières et déchets radioactifs

Nouvelle prise de position du Collectif STOP-EPR ni à Penly ni ailleurs à l’occasion du Débat public sur le Plan national de gestion des matières et déchets radioactifs.

Il ne peut y avoir de gestion sûre des matières et déchets radioactifs sans reconsidérer la doctrine de transport et surtout un renoncement complet au déplacement des Mox usés et des déchets vitrifiés.

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Cette prise de position s’inscrit dans la continuité de notre engagement dans le Débat public de 2013 sur le projet Cigéo :

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STOP-EPR ni à Penly ni ailleurs propose son cahier d’acteur pour exprimer sa position sur la gestion des déchets nucléaires

Dans la continuité de notre engagement au sein de la CLIN Paluel-Penly et de la préparation du Débat public sur le 5e Plan national de gestion des matières et déchets radioactifs, STOP-EPR présente aujourd’hui un cahier d’acteur à la commission particulière du débat public.

Il s’agit là pour de rappeler notre attachement à la procédure de Débat public et la confiance que nous avons acquise au fil des nombreux Débats publics auxquels nous avons participé depuis 10 ans.

Nous regrettons vivement que des organisations appellent au boycott de ce débat public au prétexte d’une répression violente et disproportionnée dont ni le maitre d’ouvrage (ASN & DGEC) ni la CNDP sont responsables.

L’urgence environnementale et sanitaire doit amener le plus grand nombre à s’emparer de ce débat public d’abord pour prendre la mesure de la gabegie atomique française et exiger une gestion sûre, durable et responsable de déchets qu’il faut arrêter de produire dans les plus brefs délais.

 

 

Déchets nucléaires, le grand oublié du débat électoral

L’Autorité de sûreté nucléaire a publié sur son site le 23 mars 2017, la version définitive du Plan national de gestion des matières et déchets radioactifs 2016-2018 conformément à la loi du 28 juin 2006 relative à la gestion durable des matières et déchets radioactifs. Sa lecture donne à voir les difficultés de l’Etat à garantir une gestion soutenable des matières radioactives accumulées sans modération en France.

Si quelques candidats à cette élection présidentielle envisage une sortie du nucléaire fut-elle modeste[i], personne ne parle n’aborde la question épineuse des impacts de l’industrie nucléaire sur l’environnement et la santé publique. Les arguments développés pour ou contre le nucléaire sont principalement économiques alors que le problème principal est ailleurs. Il est à la fois sanitaire parce que le nucléaire utilise, transforme et dissémine des produits particulièrement toxiques, et démocratique parce que souvent on a l’impression que les remarques légitimes de la société civile ne débouchent pas sur des mesures effectives. Tout semble continuer comme si de rien n’était au mépris des risques et des incertitudes qui entourent l’utilisation de matières radioactives[ii].

Il est temps de mettre un terme aux usages industriels et militaires des substances radioactives et d’enfin concevoir une gestion responsable de la montagne de déchets que laisse à la planète une industrie inconséquente!

si vous en doutez, lisez le long dossier qui suit :

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Normandie terre d’atome, portrait d’un territoire sacrifié

Parler de transition énergétique en Normandie n’est pas chose aisée au vu du lourd passif de notre territoire. Encore aujourd’hui, les énergies d’hier sont ici dominantes. La plus ancienne d’entre elles est évidemment le pétrole. En 2014, Jade Lindgaard révélait que 2 des cinq établissements industriels de France qui contribuent le plus au réchauffement climatique se situent en Normandie[1]. Et cela est sans parler des impacts sur le milieu de ces gigantesques installations non seulement dangereuses pour le climat mais aussi pour la santé publique.

Mais la pétrochimie n’est pas la seule responsable de ce paysage amère qu’offre notre territoire. Si la Normandie est la première « région énergétique française » pour l’emploi et la production de richesse[2], c’est aussi parce qu’elle est la deuxième région française pour la production d’électricité. En effet ici on ne compte pas moins de 8 réacteurs de 1 300 MWe répartis sur 3 sites et l’essentiel de ce que la filière nucléaire appelle « l’aval du cycle du combustible » dans le Nord Cotentin… sans oublier le fameux réacteur EPR en construction à Flamanville depuis dix ans. Des capacités gigantesques au regard du caractère dérisoire de l’éolien et du photovoltaïque de La Manche jusqu’à la Seine-Maritime.

Plus encore que le pétrole, l’atome occupe ici une place centrale dans les imaginaires et les politiques publiques mises en œuvre[3]. « Terre d’énergies », la Normandie ne manque jamais une occasion pour célébrer les vertus du mirage atomique. Le 9 juin 2016, la très officielle filière « énergies Normandie » accueillait ainsi en grande pompe Jean-Marc Jancovici à l’ESIGELEC[4]. Tout est fait ici pour ne pas changer de base. Même l’outil de formation est consacré ici à abonder le puits sans fonds de l’industrie atomique de Cherbourg à Dieppe en passant par Fécamp où les métiers de la maintenance nucléaire sont à l’honneur.

Alors que la transition énergétique est au point mort et que François Hollande a brisé les espérances ouvertes par la loi du 13 juillet 2005 de programme fixant les orientations de la politique énergétique[5], dite loi POPE, en capant à 40% la part des énergies renouvelables dans le mix électrique[6], il convient de s’interroger sur les origines de la nucléarisation de la Normandie, principal verrou social et économique entravant toute évolution réelle vers un système énergétique local, solidaire et efficient. Il s’agit surtout de concevoir les conséquences sur le territoire de l’implantation forcée d’installations nucléaires.

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