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CONTRIBUTION A L’ENQUETE PUBLIQUE DAC EPR2 PENLY

Demande d’autorisation de création des réacteurs EPR2 de Penly
Association Stop EPR NI A PENLY NI AILLEURS, le 23 février 2026

Introduction générale :

L’association Stop EPR Ni à Penly Ni Ailleurs, engagée de longue date contre l’expansion du nucléaire civil en France, s’oppose fermement au Décret d’Autorisation de Création (DAC) des deux réacteurs EPR2 projetés sur le site nucléaire de Penly, commune de Petit-Caux (Seine-Maritime).
Cette opposition repose sur des arguments techniques, scientifiques, environnementaux,
sanitaires, économiques et démocratiques solidement documentés. Elle s’inscrit dans un contexte de dérèglement climatique, de crise de la biodiversité, de tensions géopolitiques sur les ressources énergétiques et de fragilisation de la démocratie énergétique.

1. Sûreté : absence de garantie de la protection des populations contre les effets d’un accident majeur

La participation du public à l’enquête préalable à l’autorisation de création d’une installation nucléaire de base suppose une information complète, intelligible et sincère, permettant aux citoyens et aux élus d’apprécier en connaissance de cause .la nature des risques encourus,

  • la hiérarchie réelle des barrières de protection,
  •  et les mécanismes effectivement mobilisés pour la protection des populations.

 

Cette exigence est d’autant plus forte que les conséquences potentielles d’un accident nucléaire excèdent largement le périmètre du site et concernent directement les territoires et les populations environnantes

1.1 – Première objection : ( Voir pièce C1   ) 

L’examen du dossier de demande d’autorisation de création des EPR2 de Penly met en évidence des ambiguïtés substantielles dans la qualification des fonctions et des enveloppes dites « de sûreté », ambiguïtés susceptibles d’affecter la sincérité et l’intelligibilité de l’information soumise au public.

Nous demandons à la commission d’enquête :
1.1.1 de relever formellement ces incohérences dans ses conclusions ;
1.1.2 d’inviter le maître d’ouvrage à clarifier explicitement, dans l’ensemble du dossier, la distinction entre fonctions d’exploitation et fonctions de sûreté ;
1.1.3 de recommander le recours à une expertise tierce indépendante, afin de sécuriser la cohérence, la lisibilité et la crédibilité de la démonstration de sûreté au regard des enjeux majeurs de protection des populations.

1.2 – Deuxième objection : (voir pièce C2  )

Le dossier de demande d’autorisation de création des réacteurs EPR2 de Penly met en évidence une dépendance critique de plusieurs systèmes de sûreté majeurs au niveau de l’eau disponible dans l’IRWST (Incontainment Refueling Water Storage Tank) ainsi qu’au chargement de cette eau en débris et matières colmatantes et à sa température.

Nous demandons à la commission d’enquête :
1.2.1 – Une actualisation complète de la démonstration de sûreté, intégrant les résultats consolidés des programmes de recherche relatifs au colmatage chimique, encore en cours en 2026, ainsi qu’une analyse d’impact explicite sur les marges disponibles en situation DEC.
1.2.2 – L’étude d’une diversification effective et physiquement indépendante des moyens de filtration et d’appoint en eau (conformément aux observations formulées dans l’Avis IRSN n° 2023-00098 et l’Avis d’expertise n° 2026-00004) afin de garantir qu’un événement affectant l’IRWST ne puisse compromettre successivement les niveaux 3 et 4 de la défense en profondeur, au détriment de la protection des populations et de l’environnement.
1.2.3 – L’abandon de toute stratégie de mise en œuvre anticipée ou irréversible, notamment s’agissant des phénomènes de colmatage, afin d’éviter qu’à l’instar de la situation observée sur Flamanville 3, des incertitudes techniques substantielles ne soient traitées a posteriori, dans un contexte de réacteur déjà en service.

1.3 – Troisième objection : (voir pièce C3)

La présente contribution porte sur l’hypothèse d’exclusion de la rupture du circuit primaire principal (CPP) retenue dans le dossier d’enquête publique du projet EPR2 de Penly.
Cette hypothèse constitue un élément déterminant de la démonstration de sûreté, en ce qu’elle conditionnera la définition des scénarios accidentels de référence et, par voie de conséquence directe, le dimensionnement du Plan Particulier d’Intervention (PPI).

Nous demandons à la commission d’enquête :
1.3.1 – soit la production d’une démonstration de sûreté complétée, apportant la preuve rigoureuse et explicitement justifiée du caractère non ruptible du circuit primaire principal, conformément aux exigences méthodologiques et aux critères définis par le Guide de l’Autorité de sûreté nucléaire n° 22 ;
1.3.2 – soit, à défaut d’une telle démonstration, l’intégration explicite des scénarios de rupture du circuit primaire principal dans l’analyse des risques, incluant leur modélisation accidentelle complète, afin qu’ils soient pris en compte dans le dimensionnement du Plan Particulier d’Intervention et des dispositifs de protection des populations.

Faute de répondre à ces 3 objections majeures, une déclaration d’autorisation de construction de ces EPR2 ne nous semble pas cohérente avec les enjeux de vie du territoire.

2 – Absence de base légale et démocratique du projet

2.1 – En 2026, le projet EPR2 de Penly repose sur une base institutionnelle profondément défaillante.

Le projet de création des réacteurs EPR2 de Penly trouve son fondement réglementaire principal dans la troisième Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE3), publiée par décret le 13 février 2026(1). Cette PPE acte formellement la relance d’un programme de construction de réacteurs EPR2 et augmente les objectifs de production nucléaire, tout en révisant à la baisse les ambitions sur certaines filières renouvelables. Toutefois, tant la procédure d’adoption que le statut juridique de la PPE soulèvent des interrogations majeures.

Parce que la PPE est un acte réglementaire et non une loi, signifiant l’absence de vote parlementaire sur son contenu, l’absence de débat législatif contradictoire sur les arbitrages stratégiques, et la possibilité de modification unilatérale par l’exécutif, cette situation constitue une entorse majeure aux principes démocratiques. En effet, la PPE3 engage des investissements publics énormes (plusieurs dizaines voire centaines de milliards d’euros), des engagements industriels pluri-décennaux et des trajectoires énergétiques structurantes jusqu’au siècle prochain.

De tels choix (construction, exploitation, démantèlement, gestion des déchets, rejets de CO2) engageant la France pour plusieurs générations peut-il reposer exclusivement sur un acte réglementaire ?
La PPE3 apparaît donc comme un instrument de contournement du débat parlementaire, contraire à l’esprit de la LTECV de 2015. 

2.2 – Absence de transparence nécessaire au débat public

L’actualisation en cours de l’étude RTE « Futur énergétique 2050 » est menée dans une grande opacité. Les demandes d’information adressées à RTE sur les hypothèses économiques retenues restent sans réponse, et les experts extérieurs associés à ces travaux sont soumis à des obligations de confidentialité strictes.

Ainsi, alors même que les décisions d’investissement dans les EPR2 devraient logiquement attendre les résultats de cette mise à jour, le gouvernement a choisi d’acter le programme nucléaire dans la PPE3 avant publication des nouveaux résultats, privant le débat public d’éléments essentiels.

3. – Des scénarios énergétiques biaisés et désormais obsolètes

a justification du programme EPR2, et en particulier des deux réacteurs projetés à Penly, repose essentiellement sur les scénarios prospectifs élaborés par RTE dans l’étude « Futurs énergétiques 2050 », publiée en 2021. Ces scénarios constituent la colonne vertébrale intellectuelle et économique de la relance nucléaire actée par la PPE3 de février 2026 (1).
Or, ces scénarios présentent aujourd’hui des biais méthodologiques majeurs et reposent sur des hypothèses devenues largement obsolètes, tant du point de vue de la demande électrique que des coûts relatifs des différentes technologies(2).

3.1 – Une décision fondée sur une étude ancienne et non actualisée

L’étude « Futurs énergétiques 2050 » de RTE a été finalisée en 2021, sur la base de données économiques et industrielles datant, pour l’essentiel, de 2018-2020.
Or, la PPE de février 2026 reprend quasiment à l’identique le programme nucléaire annoncé à Belfort en février 2022, sans tenir compte de l’évolution rapide des paramètres économiques et énergétiques intervenues depuis. La PPE apparaît ainsi comme un copié-collé politique d’une étude devenue datée, alors même que RTE est en train d’en actualiser les hypothèses.

3.2 -Des hypothèses de demande électrique excessivement optimistes

Un biais central des scénarios RTE concerne l’hypothèse d’une forte croissance de la demande d’électricité à court et moyen terme, liée à l’électrification des usages (transports, chauffage, industrie).
Or, les données récentes montrent que la consommation d’électricité en France stagne, voire diminue, depuis plus d’une décennie. Elle s’établit autour de 450 TWh par an, bien en-deçà des niveaux anticipés dans les trajectoires centrales de la PPE3.
L’électrification des usages progresse beaucoup plus lentement que prévu. Les politiques publiques actuelles ne sont pas à la hauteur des objectifs affichés. Les gains d’efficacité énergétique, combinés à l’évolution des comportements (sobriété), rendent crédibles des scénarios de demande nettement inférieurs à ceux retenus par RTE.
Dans ces conditions, surévaluer la demande conduit mécaniquement à surdimensionner les capacités de production, et donc à justifier artificiellement la construction de nouveaux réacteurs nucléaires.

3.3-Des hypothèses de coûts favorables au nucléaire et défavorables aux renouvelables

Depuis 2021, les coûts du nucléaire ont fortement augmenté, tandis que ceux des énergies renouvelables et du stockage ont continué de baisser.
L’étude RTE de 2021 retenait un coût de 51,7 milliards d’euros (valeur 2020) pour la construction de six
EPR. Or ce coût a été réévalué fin 2025 par EDF à 72,8 milliards d’euros, toujours en euros constants 2020, une estimation jugée encore optimiste par beaucoup d’experts.
À l’inverse l’éolien en mer attribué récemment au Royaume-Uni se situe autour de 40 €/MWh. La France a attribué des projets autour de 45 €/MWh en 2023 et le coût des batteries lithium-ion a chuté de 40 % en une seule année (2024) évolution que RTE n’avait pas anticipée.
Ainsi, les scénarios RTE de 2021 surestiment structurellement le coût des renouvelables et du stockage, tout en sous-estimant celui du nucléaire, biaisant la comparaison économique globale.

3.4 – Le rôle déterminant et sous-estimé du coût du capital

Un autre biais majeur concerne le financement du nucléaire. RTE applique au nouveau nucléaire le même  coût du capital (4 %) qu’aux énergies renouvelables, hypothèse qui n’est réaliste que dans le cas d’une intervention massive, risquée et durable de l’État.
Or, le nucléaire présente des risques industriels élevés, des délais longs, une forte incertitude sur les coûts finaux, sans compter les risques technologiques. Dans une économie ouverte, un tel choix justifierait un coût du capital nettement plus élevé que pour l’éolien ou le photovoltaïque.
A contrario, l’Ademe, dans sa prospective Transition(s) 2050, retient ainsi 5,25 % pour les renouvelables, 7,25 % pour le nucléaire, et conclut à l’absence d’avantage économique décisif en faveur d’un programme de nouveaux réacteurs.
Lorsque RTE teste lui-même une hypothèse de coût du capital plus réaliste pour le nucléaire, l’avantage économique du scénario EPR2 disparaît largement.

En réalité, les choix financiers favorables au nucléaire que font l’État et EDF masquent son manque de compétitivité intrinsèque. La conception de l’EPR2 est inadaptée aux besoins énergétiques du futur. La pilotabilité à long terme du réacteur, notamment, n’est pas assurée (vieillissement accéléré, impacts sur les structures, en particulier les gaines de combustible). 

 

4. Autres arguments d’opposition

4.1 – Les EPR2 ne contribueront pas au « recyclage » des combustibles usés,

l’utilisation du combustible MOX n’est qu’un pis-aller sans avenir (rebuts importants, renforcement de la dangerosité avec la création de plutonium, impossibilité de retraitement du MOX usé).

4.2 – L’indépendance énergétique n’est pas assurée par l’utilisation des EPR2.

L’uranium est importéet l’enrichissement de l’uranium de retraitement (indispensable pour prétendre assurer la fermeture du cycle
du combustible) est réalisé en Russie.

4.3 – Le fonctionnement des EPR2 de Penly a toute chance de souffrir de la montée du niveau de la mer et des accidents météorologiques dus au dérèglement climatique.

Les EPR2 de Penly, s’ils sont construits, constitueront des coûts échoués considérables qui manquerons pour des investissements plus efficaces pour réduire les émissions de CO2 (Cf le logement)… L’économie française a mieux à faire que de courir de tels risques…; dont celui de catastrophes telles Tchernobyl (40ème anniversaire en 2026) ou Fukushima (15 ans déjà.)

4.4 – Les rejets de gaz à effet de serre à prévoir sont loin d’être négligeables.

Le nucléaire en général, les EPR2 en particulier sont justifiés par les faibles émissions de gaz à effet de serre en fonctionnement, mais le chantier qui doit s’ouvrir, et se prolongera jusqu’au début des années 2040 (au plus tôt) sera un gros émetteur de gaz à effet de serre… Ces réacteurs ne contribueront en rien à la diminution des émissions d’ici à 2050. C’est aujourd’hui qu’il faut une réduction radicale des émissions de gaz à effet de serre, pas dans 20 ans.

4.5 – L’impact sur l’environnement immédiat est important :

paysage ravagé par l’excavation des falaises, emprises sur les terres agricoles, perturbation et destruction de la faune marine, accentuation de la perte de continuité des flux de sédiments dont les galets garants de la stabilité et de la richesse des côtes, bouleversement pendant des années de la vie locale.

4.6 – La notion d’intérêt général pour ces EPR2 n’est pas acceptable.

Dans son document EDF invoque que ses EPR2 ont vocation à être directement affectés au service public de l’électricité et à assurer la disponibilité d’un produit de première nécessité non substituable pour la population. Il existe des moyens de productions moins chers, plus rapides à mettre en place, moins dangereux, moins lourds à déconstruire et plus efficaces.

5. – Comme démontré ci-amont, les EPR2 de Penly arriveront après la bataille pour contribuer à atténuer le changement climatique. Il reste que nous pointons quelque points à creuser sur le chantier tel qu’il est prévu actuellement.

5.1-Des qualifications tant humaines que matérielles ne sont pas garanties.

Par exemple, les turbines Arabelle d’Alstom (françaises), qui doivent être implantées dans tous les nouveaux réacteurs EPR2, vendues à General Electric (américain) en 2014, ont dû être rachetées en 2024 par EDF. Leurs systèmes de contrôle-commande ont été modifiés et reconditionnés à des normes américaines (système Mark) avec des brevets dédiés.

Peut-on avoir une certitude que les contrôles-commandes rachetés sont bien « désitarisés »(3) et sans aucun cheval de Troie informatique ?

5.2 – Nous avons découvert que ces usines à fabriquer de l’électricité sont aussi des sites SEVESO seuil haut du fait des quantités de produits chimiques nécessaires à leur fonctionnement.

Nous souhaitons qu’un document expert indépendant garantisse que leur utilisation ne conduise pas

    • à des rejets intempestifs dans la nature ;
    • que les rejets soient inexistants ;
    • que les systèmes de stockage ne puissent conduire à un nouveau « Lubrizol » en Normandie. 

5.3 – PFAS et EPR2

Concernant les substances perfluoroalkylées et polyfluoroalkylées, (PFAS) EDF indique que les substances suivantes étaient utilisées sur les CNPE d’EDF :

    • Pour les joints : PTFE, PVDF ;
    • Pour les graisses : perfluoropolyéther, 1-propène, 1,1,2,3,3,3-hexafluro-, oxidé, polymd, éthène 1,1,2,2terafluoro-, homopolymer, PTFE.

EDF indique que des joints constitués de PTFE sont utilisés sur le CNPE de Penly et que comme « ces joints peuvent être en contact direct avec de l’eau du process […] les effluents liquides issus du process et rejetés dans l’environnement feront l’objet de prélèvements et d’analyses [dans le cadre de cette campagne de mesure] ».
EDF précise également que des graisses de type Barrierta sont utilisées, sans que la composition de ces graisses ne soit décrite.

Les inspecteurs de l’ASNR ont notifié à EDF lors de son inspection du 8 et 9 avril 2025 (Inspection n° INSSN CAE-2025-0206) que les analyses réalisées n’ont pas été étendues à l’ensemble des substances PFAS qui peuvent être utilisées sur site. Notamment, aucune analyse n’a concerné le PTFE dont l’utilisation sur le CNPE de Penly est avérée, d’après EDF. Les mesures incomplètes ne permettent pas d’estimer l’absence de rejet de PFAS par les CNPE.
Par ailleurs, la campagne réalisée en 2024 par l’exploitant a montré la présence de PFAS dans les rejets de Tricastin, du Blayais, de Chooz et de Nogent-sur-Seine. Il ne peut donc pas être exclu le rejet des PFAS par les CNPE.
Au vu de la prévision de l’utilisation de joints ou de graisses aux PFAS, il ne peut être écarté le rejet de PFAS, ne serait-ce qu’en cas d’incendie de ces éléments.
La découverte de la contamination des milieux aquatiques liée à l’utilisation de ces produits devrait conduire à limiter leur utilisation, voire la proscrire.

Quelles sont les mesures prises pour éviter leur utilisation et des rejets éventuels dans le milieu naturel ?

5.4 – Piégeage et entraînement de la faune

Lors du lancement du programme nucléaire en France dans les années 70-80, les phénomènes de piégeage et d’entraînement de la faune ont été considérés comme un impact environnemental majeur. Des actions de suivi ont été mises en place à la R&D afin de quantifier l’impact du piégeage sur les populations de poissons et de crustacés en particulier à la centrale du Blayais. Ces recherches se sont arrêtées en 1994 (!) suite à l’absence de demande de l’administration.
Les réglementations de Grande-Bretagne et des États-Unis faisant figure de bons élèves à l’international, EDF a été contraint de réellement mettre en place des méthodes d’évitements des piégeages de la faune sur le site de Hinkley Point C. EDF communique dans la presse sur le succès de son système “fish disco” qui éviterait 90 % des piégeages. Solution qui n’a pas été étudiée dans l’analyse des principales solutions de substitution.
Concernant l’entraînement des civelles (en danger critique d’extinction), EDF propose d’attendre la mise en place de l’EPR2 pour réaliser une étude alors qu’il serait déjà possible de réaliser une première estimation en réalisant des campagnes ciblées sur le CNPE de Penly.

Pourquoi ne pas le faire dès maintenant à Penly 1&2?
Pourquoi n’est-ce pas prévu pour les nouveaux EPR2 ?


(1) Décret PPE3, Journal officiel du 13 février 2026

(2) Le nouveau nucléaire, un mauvais calcul pour la France ?, Alternatives Économiques, 12 février 2026

(3) ITAR : réglementation commerciale américaine

 

COMMUNIQUÉ DE PRESSE – Mardi 20 janvier 2026 : Enquête Publique concernant le dossier du Décret d’Autorisation de Création des 2 EPR2 à Penly (76)

EPR2 de Penly : un passage en force antidémocratique orchestré par l’État et EDF

Nous avons appris le 30 octobre 2025, lors d’une Commission Technique de la CLIN Paluel-Penly, que l’Enquête d’Utilité Publique relative à la création de deux nouveaux réacteurs EPR2 à Penly se tiendrait du 22 janvier au 4 mars 2026 sur un périmètre réduit à 10 kilomètres.

Cette annonce a suscité une vive inquiétude et une profonde indignation.

Face à nos interrogations légitimes, le représentant d’EDF a invoqué le prétendu « respect du rétroplanning », visant une délivrance du DAC fin 2026. Cette justification a été reprise sans distance critique par le préfet dans son courrier du 18 décembre 2025, en réponse aux alertes formulées par le président de la CLIN* et plusieurs associations du collège associatif.

Nous dénonçons fermement les conditions de cette enquête :

  • pour sa durée insuffisante,
  • pour un périmètre arbitrairement restreint à 10 km,
  • pour son calendrier imposé en plein télescopage avec les élections municipales,
  • et avec un dossier technique de plus de 13 000 pages, pratiquement inexploitable pour les élus et les citoyens dans un délai aussi contraint.

 

Tout concourt à vider cette enquête de sa substance consultative, participative et démocratique.

Un périmètre d’enquête arbitrairement restreint, en totale incohérence avec les risques

Le périmètre retenu pour l’enquête publique — 10 kilomètres autour du site de Penly — est non seulement arbitraire, mais profondément incohérent au regard des risques encourus. Il est en effet deux fois inférieur à celui du Plan Particulier d’Intervention (PPI), fixé à 20 kilomètres, qui définit pourtant la zone officiellement reconnue par l’État comme susceptible d’être impactée en cas d’accident nucléaire. Comment justifier que l’on reconnaisse un périmètre de danger de 20 km pour la gestion de crise, tout en limitant à 10 km le périmètre dans lequel les citoyens sont informés et consultés ?

Elle confirme au contraire la volonté d’expédier la consultation, d’en limiter la portée politique et d’imposer un projet nucléaire majeur en contournant ceux qui en subiront les conséquences.

Nous exigeons que le périmètre de l’enquête publique soit au minimum aligné sur celui du PPI.

Quand l’État et EDF sabotent délibérément le moment démocratique.

L’alignement docile de la Préfecture sur les intérêts d’EDF — entreprise pourtant nationalisée et lourdement endettée, comme l’a récemment souligné la Cour des comptes — constitue un signal extrêmement préoccupant pour la démocratie. Il révèle une complicité assumée entre l’État et l’opérateur nucléaire pour expédier, voire liquider, un moment essentiel de participation du public autour d’un projet dont les impacts environnementaux, sanitaires, économiques et sociaux s’imposeront à la population de la région de Dieppe et de toute la Normandie et de sa voisine, la Picardie jusqu’au siècle prochain.

Le choix du calendrier n’a rien de neutre. L’enquête d’utilité publique précède immédiatement les élections municipales et chevauche la période dite de “réserve”, durant laquelle les élus sont contraints à une expression publique limitée. Or plusieurs d’entre eux siègent à la CLIN Paluel-Penly. Cette situation réduit mécaniquement la liberté de parole, affaiblit le débat démocratique et transforme l’enquête publique en simple formalité administrative.

Or, l’enquête publique n’est pas une simple formalité administrative : elle constitue un temps d’information, de compréhension et de consultation du public. Elle est même censée garantir le droit fondamental à l’information. Or ce moment de participation est ici volontairement comprimé, au mépris des citoyens.

Nous demandons donc le report de cette enquête publique après les élections municipales, une fois les nouveaux élus installés au sein de leur collège à la CLIN. Il est pour le moins absurde — et profondément irrespectueux — de solliciter l’avis de maires dont certains seront démissionnaires ou non réélus dans les semaines suivantes. À l’inverse, il est démocratiquement indispensable de travailler avec des élus nouvellement mandatés, qui auront la responsabilité de gérer, pendant des décennies, un territoire durablement impacté par l’implantation des deux EPR2.

Ce choix de calendrier confirme une stratégie bien connue du lobby nucléaire : sabrer le temps du débat, négliger la parole citoyenne, et imposer le projet par épuisement démocratique. Tout cela alors même que la Programmation Pluriannuelle de l’Énergie (PPE), censée encadrer et donner une cohérence aux choix énergétiques nationaux, n’est toujours pas votée. L’État et EDF préfèrent ainsi avancer en force, en court-circuitant à la fois les citoyens, les élus locaux et le cadre démocratique lui-même aussi restreint soit-il.

Ce n’est plus une consultation : c’est une mise en scène.

L’État et EDF ne cherchent pas l’avis des citoyens, ils cherchent à pouvoir prétendre l’avoir demandé.

Une décision préfectorale aux effets durables et déjà là sur le territoire de Dieppe

Ce passage en force n’est pas anecdotique. Il s’inscrit dans une dérive politique plus large, où les grands projets industriels sont imposés par en haut, au nom de l’urgence, de la compétitivité ou de l’« intérêt supérieur », sans réel contre-pouvoir citoyen. À force de banaliser ces méthodes, l’État contribue à installer une forme d’autoritarisme technocratique, où la décision précède le débat, et où la participation du public n’est plus qu’un alibi.
Les conséquences sont graves. En piétinant la démocratie environnementale, on alimente la défiance, le désengagement citoyen, et la conviction que les décisions majeures se prennent hors de tout contrôle démocratique. C’est ainsi que l’on affaiblit durablement la vie démocratique du pays, en donnant le sentiment que l’État gouverne contre les citoyens, et non avec eux.

* CLIN : Commission Locale d’Information sur le Nucléaire

Stop-EPR, ni à Penly ni ailleurs

06 70 90 37 88

Antinuke Dieppe

06 28 20 43 42

UFC Que choisir Rouen

06 76 73 87 36

Collectif Anti Nucléaire Ouest

07 68 35 03 38

A Rouen « Contre la relance du nucléaire », nous étions plus de 1 000 !

Ce week-end du 12 octobre 2024, une bonne partie des militants antinucléaires de France s’étaient donnés rendez-vous à Rouen (Normandie) sur les bords de Seine du centre de la ville pour manifester leur opposition contre la relance du programme électro-nucléaire français. Environ 1 000 personnes ont participé aux festivités marquées par des expositions dans les stands, des prises de paroles, des spectacles théâtraux et musicaux.

Des représentants de divers groupes politiques (Les écologistes, LFI, NPA), députés de l’assemblée nationale M. Laisnay (LFI), J. Laernoës (Les écologistes)  et associatifs  ont pu s’exprimer sur ce projet de relance du nucléaire, ainsi que sur la restructuration des autorités de surveillance et de sûreté nucléaire (ASN, IRSN) et les divers projet en cours avec notamment CIGEO et l’enfouissement des déchets nucléaires (Meuse), le projets de piscines supplémentaires de stockage à la Hague (Manche). 

Le samedi après-midi  fût marqué par une grande déambulation dans la ville, heureusement sous une pluie fine. La météo normande n’a pas failli à sa réputation. Toutefois le dimanche matin, sur la plage de Saint Martin en Campagne, les éclaircies et une mer apaisée a rendu le rassemblement devant la Centrale de Penly fort  agréable, sous le regard inquiet de la marée chaussée. 

Là où doivent commencer les travaux de destruction de la falaise pour nous imposer les deux nouveaux réacteurs de type EPR2, un hommage a été rendu par les militants et Mathilde Pannot (représentante LFI à l’assemblée nationale), Christine Poupin (Porte parole NPA) et Frédéric Weiz (élu écologiste  dieppois) à Gilles Reynaud, défenseur des droits des salariés de la sous-traitance du nucléaire décédé le 8 octobre dernier.  

Village sur les bords de Seine, en centre ville de Rouen

Village associatif, bors de Seine à Rouen Exposition sur le nucléaire militaire

 

Prises de paroles, Collectif Stop EPR ni à Penly ni ailleurs, Maxime Laisney (LFI), Julie Laernoës (Les écologistes), Christine Poupin (NPA)

Prise de parole SENPNA Prise de parole M Laisney (LFI) Prise de parole Julie Loernoës

 

Déambulation dans la ville de Rouen

Le dimanche matin, rassemblement sur la plage de Saint Martin en Campagne