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Communiqué : Livret A…tomique !

Livret A…tomique !

Des logements confortables, économiques et sûrs maintenant ?

Ou bien une électricité coûteuse et dangereuse dans … 20 ans ?

Le 12 mars, lors du Conseil de Politique Nucléaire à Penly, Monsieur Macron a ordonné un hold-up : il puisera dans le Livret A, le LEP et le LDD à hauteur de 60% du coût des EPR2 prévus à Penly, Gravelines, Le Bugey (72,8 Milliards d’euros, mais plutôt 100, dit la Cour des Comptes ! ). Au moins 44 milliards confisqués alors que cet argent sert à réhabiliter et à construire des logements sociaux confortables, économes en énergie, résilients face au dérèglement climatique et même capables de produire de l’électricité citoyenne !

  •  « La France a fait le choix de croire au nucléaire » clame Macron, grand-prêtre de cette religion ! Devons-nous être les adeptes d’une secte de plus en plus minoritaire dans le monde ? (9 % seulement d’électricité nucléaire dans le monde, et en cas de guerre, on prie ?) 
  •  « La France a exporté 90 TWh ! » : Pour nous le danger, l’écrasement du territoire ; et les profits pour qui ? C’est du colonialisme industriel ! Et comme la consommation d’électricité baisse depuis 2011, qu’on stoppe ce projet inutile !
  •  « Nous sommes allés au bout de Flamanville » : Ces EPR2 sont des prototypes au design simplifié donc moins sûrs. Et la peur de revivre le fiasco de Flamanville  (17 ans de construction et un prix multiplié par 6 pour un résultat consternant !) pousse au passage en force, au « fait accompli », à la fébrilité, au mépris des lois de protection de l’environnement : destruction de 5 millions de m³ de falaise étalés sur 20 hectares de fonds marins, béton et bitume asphyxiant des hectares de riches terres agricoles et des zones de biodiversité remarquables, dégâts irrémédiables, impréparation accidentogène visible dans les réponses d’EDF à l’Autorité Environnementale et à l’ASNR, le gendarme du nucléaire.
  •  « On a l’énergie qui est à la fois la plus décarbonée, pilotable et compétitive » : Ce sont les énergies renouvelables qui le sont, avec du vent, de l’eau, du soleil gratuits et non délocalisables, des interconnexions européennes, une grande flexibilité (dangereuse au contraire pour le nucléaire, le « stop and go » accélérant le vieillissement des réacteurs) et des prix toujours plus bas ! Et rien sur la sobriété, pourtant indispensable dans un monde aux ressources limitées !

Cette mono-industrie enferme notre région dans un modèle de développement du passé, ces chantiers « clef en mains » évitent aux « décideurs  locaux» d’inventer un développement plus diversifié et novateur du territoire. Ils nous enfoncent dans un modèle énergétique dépendant d’uranium importé de pays trop souvent totalitaires ( notamment de Russie, au mépris des consignes de blocus). Le dérèglement climatique fera des ravages sur ce territoire martyrisé et rendu plus vulnérable aux canicules, tempêtes, pénuries d’eau, montée de la mer. Il accumule déjà les dommages environnementaux (rejets et déchets chimiques et radioactifs, alors que les piscines de La Hague débordent !).

Alors, sacrifier l’épargne populaire à ce mirage techno-solutionniste, en ces temps de sévères coupes budgétaires ???

C’est NON !

Collectif Antinuc Dieppe

COMMUNIQUÉ DE PRESSE – Mardi 20 janvier 2026 : Enquête Publique concernant le dossier du Décret d’Autorisation de Création des 2 EPR2 à Penly (76)

EPR2 de Penly : un passage en force antidémocratique orchestré par l’État et EDF

Nous avons appris le 30 octobre 2025, lors d’une Commission Technique de la CLIN Paluel-Penly, que l’Enquête d’Utilité Publique relative à la création de deux nouveaux réacteurs EPR2 à Penly se tiendrait du 22 janvier au 4 mars 2026 sur un périmètre réduit à 10 kilomètres.

Cette annonce a suscité une vive inquiétude et une profonde indignation.

Face à nos interrogations légitimes, le représentant d’EDF a invoqué le prétendu « respect du rétroplanning », visant une délivrance du DAC fin 2026. Cette justification a été reprise sans distance critique par le préfet dans son courrier du 18 décembre 2025, en réponse aux alertes formulées par le président de la CLIN* et plusieurs associations du collège associatif.

Nous dénonçons fermement les conditions de cette enquête :

  • pour sa durée insuffisante,
  • pour un périmètre arbitrairement restreint à 10 km,
  • pour son calendrier imposé en plein télescopage avec les élections municipales,
  • et avec un dossier technique de plus de 13 000 pages, pratiquement inexploitable pour les élus et les citoyens dans un délai aussi contraint.

 

Tout concourt à vider cette enquête de sa substance consultative, participative et démocratique.

Un périmètre d’enquête arbitrairement restreint, en totale incohérence avec les risques

Le périmètre retenu pour l’enquête publique — 10 kilomètres autour du site de Penly — est non seulement arbitraire, mais profondément incohérent au regard des risques encourus. Il est en effet deux fois inférieur à celui du Plan Particulier d’Intervention (PPI), fixé à 20 kilomètres, qui définit pourtant la zone officiellement reconnue par l’État comme susceptible d’être impactée en cas d’accident nucléaire. Comment justifier que l’on reconnaisse un périmètre de danger de 20 km pour la gestion de crise, tout en limitant à 10 km le périmètre dans lequel les citoyens sont informés et consultés ?

Elle confirme au contraire la volonté d’expédier la consultation, d’en limiter la portée politique et d’imposer un projet nucléaire majeur en contournant ceux qui en subiront les conséquences.

Nous exigeons que le périmètre de l’enquête publique soit au minimum aligné sur celui du PPI.

Quand l’État et EDF sabotent délibérément le moment démocratique.

L’alignement docile de la Préfecture sur les intérêts d’EDF — entreprise pourtant nationalisée et lourdement endettée, comme l’a récemment souligné la Cour des comptes — constitue un signal extrêmement préoccupant pour la démocratie. Il révèle une complicité assumée entre l’État et l’opérateur nucléaire pour expédier, voire liquider, un moment essentiel de participation du public autour d’un projet dont les impacts environnementaux, sanitaires, économiques et sociaux s’imposeront à la population de la région de Dieppe et de toute la Normandie et de sa voisine, la Picardie jusqu’au siècle prochain.

Le choix du calendrier n’a rien de neutre. L’enquête d’utilité publique précède immédiatement les élections municipales et chevauche la période dite de “réserve”, durant laquelle les élus sont contraints à une expression publique limitée. Or plusieurs d’entre eux siègent à la CLIN Paluel-Penly. Cette situation réduit mécaniquement la liberté de parole, affaiblit le débat démocratique et transforme l’enquête publique en simple formalité administrative.

Or, l’enquête publique n’est pas une simple formalité administrative : elle constitue un temps d’information, de compréhension et de consultation du public. Elle est même censée garantir le droit fondamental à l’information. Or ce moment de participation est ici volontairement comprimé, au mépris des citoyens.

Nous demandons donc le report de cette enquête publique après les élections municipales, une fois les nouveaux élus installés au sein de leur collège à la CLIN. Il est pour le moins absurde — et profondément irrespectueux — de solliciter l’avis de maires dont certains seront démissionnaires ou non réélus dans les semaines suivantes. À l’inverse, il est démocratiquement indispensable de travailler avec des élus nouvellement mandatés, qui auront la responsabilité de gérer, pendant des décennies, un territoire durablement impacté par l’implantation des deux EPR2.

Ce choix de calendrier confirme une stratégie bien connue du lobby nucléaire : sabrer le temps du débat, négliger la parole citoyenne, et imposer le projet par épuisement démocratique. Tout cela alors même que la Programmation Pluriannuelle de l’Énergie (PPE), censée encadrer et donner une cohérence aux choix énergétiques nationaux, n’est toujours pas votée. L’État et EDF préfèrent ainsi avancer en force, en court-circuitant à la fois les citoyens, les élus locaux et le cadre démocratique lui-même aussi restreint soit-il.

Ce n’est plus une consultation : c’est une mise en scène.

L’État et EDF ne cherchent pas l’avis des citoyens, ils cherchent à pouvoir prétendre l’avoir demandé.

Une décision préfectorale aux effets durables et déjà là sur le territoire de Dieppe

Ce passage en force n’est pas anecdotique. Il s’inscrit dans une dérive politique plus large, où les grands projets industriels sont imposés par en haut, au nom de l’urgence, de la compétitivité ou de l’« intérêt supérieur », sans réel contre-pouvoir citoyen. À force de banaliser ces méthodes, l’État contribue à installer une forme d’autoritarisme technocratique, où la décision précède le débat, et où la participation du public n’est plus qu’un alibi.
Les conséquences sont graves. En piétinant la démocratie environnementale, on alimente la défiance, le désengagement citoyen, et la conviction que les décisions majeures se prennent hors de tout contrôle démocratique. C’est ainsi que l’on affaiblit durablement la vie démocratique du pays, en donnant le sentiment que l’État gouverne contre les citoyens, et non avec eux.

* CLIN : Commission Locale d’Information sur le Nucléaire

Stop-EPR, ni à Penly ni ailleurs

06 70 90 37 88

Antinuke Dieppe

06 28 20 43 42

UFC Que choisir Rouen

06 76 73 87 36

Collectif Anti Nucléaire Ouest

07 68 35 03 38