Ce qui se passe à Taishan n’est pas un événement anodin

Comme l’expliquent nos amis du CAN-Ouest, l’incident survenu sur le réacteur EPR de Taishan en Chine est loin d’être un détail. Il révèle une faiblesse structurelle de ce type de réacteurs et surtout donne à voir l’impasse dans laquelle s’est engagée la filière nucléaire.

Le Collectif STOP-EPR ni à Penly ni ailleurs considère cet incident comme suffisamment sérieux pour effectivement poser la question de l’opportunité de la poursuite du programme EPR ici et ailleurs.

Au regard des nombreuses publications de l’Autorité de contrôle et de l’Institut de radioprotection depuis 20 ans sans oublier la documentation proposée par le Groupes permanents d’experts et le Haut Comité, il apparaît que l’exploitation du parc nucléaire fait face à une crise systémique qu’il est dans l’incapacité de traiter.

La filière nucléaire se heurte à une limite technologique

Une dégradation du combustible dans la cuve du réacteur aurait occasionné à Taishan des émission de gaz rares dans le bâtiment réacteur puis des rejets. Du combustible fourni par Framatome serait en cause.

Un tel événement n’est pas rare. Bien au contraire, il n’est que le dernier épisode en date d’une longue série qui débute à la fin du siècle dernier. En effet EDF afin de réduire le cout d’exploitation du parc veut depuis la fin des années 1990 augmenter le taux de combustion des combustibles c’est-à-dire la durée de leur utilisation dans le réacteur avant déchargement.

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Ce faisant EDF et son complice AREVA se sont trouvés face à une difficulté technique non négligeable. Les gaines de combustible utilisées alors ne résistaient guère à ce nouveau mode d’exploitation. Ainsi le Zircaloy 4 a cédé progressivement la place à un nouvel alliage le M5.

D’aucuns pouvaient imaginer que tout irait pour le mieux dans le meilleur des mondes… Il n’en est rien. Les problèmes continue de se poser comme le donne à voir la littérature technique tant de l’AIEA que de l’Institut de radioprotection.

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Appel commun et solidaire pour l’arrêt du nucléaire

A l’occasion du dixième anniversaire de la catastrophe de Fukushima, 14 associations normandes signent cette tribune pour une décision immédiate d’arrêt urgent du nucléaire ici et ailleurs :

Rejoignez-nous le 13 mars 2021 à Rouen, à partir de 14 h30, Place de la Cathédrale pour porter avec nous cette revendication et demander la mise en œuvre en Normandie et ailleurs d’une authentique transition énergétique.

Ni nucléaire, ni effet de serre !

Liste des signataires : Action Citoyenne, Alternatiba-Rouen, Antinuc Dieppe, CAN-Ouest, Collectif STOP-EPR ni à Penly ni ailleurs, Confédération paysanne 76, Coalition Climat 76, CRILAN, Demain l’écologie en Normandie, Eco-Choix, Effet de Serre toi-même !, EPLH, FNE-Normandie, La Grande Marche – Nucléaire en Questions, Sortir du nucléaire 27

Les centrales et les poissons ne s’aiment pas d’amour tendre !

L’information a fait grand bruit et a été amplement diffusé par les médias : la centrale de Paluel en Seine-Maritime a du opérer un arrêt de ses installations en raison d’une accumulation massive d’organismes vivants marins dans le chenal et les stations de pompage des quatre tranches en exploitation.

Le sujet est suffisamment sérieux pour que le Collectif STOP-EPR ni à Penly ni ailleurs ait cherché à élucider ce menu problème qui a donné à voir l’extraordinaire fragilité des centrales nucléaires littorales.

Les éléments que nous publions ci-dessous sont le résultat de nos investigations. Nous cherchons se faisant à initier un débat entre l’exploitant nucléaire, l’autorité de contrôle et le ministère de la mer soucieux de la protection des milieux et des espèces en particuliers en Manche-Est.

Lubrizol : un exemple de l’incapacité de l’Etat à évaluer risques et conséquences d’un accident technologique majeur

S’opposer à l’industrie nucléaire implique de regarder comment les autorités et les industriels conçoivent et gèrent les risques technologiques en particulier en situation accidentelle et post-accidentelle.

L’exemple du vaste incendie qui a ravagé les entrepôts de l’usine Lubrizol de Rouen le 26 septembre 2019 mérite qu’on s’y arrête. Il donne à voir les difficultés de traiter un événement “hors dimensionnement” mais surtout d’évaluer impacts et autres pollutions causées par le sinistre.

Retrouvez notre analyse des faits depuis la difficile élaboration du Plan de prévention des risques technologiques (PPRT) proposé pour cette usine classée SEVESO seuil haut jusqu’à la “remédiation” du site impacté par l’incendie :

Imaginez donc ce que cela donnerait si un réacteur nucléaire connaissait une défaillance majeure entrainant une cinétique accidentelle !

L’exemple de Lubrizol n’a rien pour nous rassurer… de la sous-évaluation des risques jusqu’à l’incapacité à déterminer précisément les impacts tout donne à voir que la maitrise des risques est pour le moins perfectible !

Et si l’intention de l’Andra n’était pas d’enfouir ?

Cet été l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra) a annoncé qu’elle entendait présenter une demande de déclaration d’utilité publique du projet de centre de stockage en couche géologique profonde, Cigéo.

Le Collectif STOP-EPR ni à Penly ni ailleurs engagé depuis sa création dans l’opposition à ce projet a étudié le copieux dossier publié par l’Agence. Vous trouverez ci-dessous, le rapport que nous avons établi en prévision de l’enquête publique que l’Etat va initier d’ici peu persuadé qu’aucune alternative n’existe.

A la lecture de cette documentation nous nous sommes rendus compte que l’enfouissement n’était plus la solution de référence promu à grand renfort de médias. L’objectif immédiat de l’Andra est de disposer d’un vaste domaine foncier aux confins de la Meuse et de la Haute-Marne de manière à apporter une réponse immédiate aux producteurs de déchets… faute de pouvoir mettre en oeuvre dans des délais acceptables le projet Cigéo.