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arrêtons les frais

Le Conseil régional de Normandie prépare l’avenir en regardant vers le passé

Depuis plus de quarante ans, les élus passent mais la même politique énergétique demeure. La Normandie, de La Hague à Penly, est une terre où l’atome a toujours bénéficié de traitements de faveur. En 2011, c’était l’argent de la transition qui filait vers le nucléaire. Aujourd’hui Hervé Morin offre un généreux cadeaux à EDF et AREVA !

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Normandie terre d’atome, portrait d’un territoire sacrifié

Parler de transition énergétique en Normandie n’est pas chose aisée au vu du lourd passif de notre territoire. Encore aujourd’hui, les énergies d’hier sont ici dominantes. La plus ancienne d’entre elles est évidemment le pétrole. En 2014, Jade Lindgaard révélait que 2 des cinq établissements industriels de France qui contribuent le plus au réchauffement climatique se situent en Normandie[1]. Et cela est sans parler des impacts sur le milieu de ces gigantesques installations non seulement dangereuses pour le climat mais aussi pour la santé publique.

Mais la pétrochimie n’est pas la seule responsable de ce paysage amère qu’offre notre territoire. Si la Normandie est la première « région énergétique française » pour l’emploi et la production de richesse[2], c’est aussi parce qu’elle est la deuxième région française pour la production d’électricité. En effet ici on ne compte pas moins de 8 réacteurs de 1 300 MWe répartis sur 3 sites et l’essentiel de ce que la filière nucléaire appelle « l’aval du cycle du combustible » dans le Nord Cotentin… sans oublier le fameux réacteur EPR en construction à Flamanville depuis dix ans. Des capacités gigantesques au regard du caractère dérisoire de l’éolien et du photovoltaïque de La Manche jusqu’à la Seine-Maritime.

Plus encore que le pétrole, l’atome occupe ici une place centrale dans les imaginaires et les politiques publiques mises en œuvre[3]. « Terre d’énergies », la Normandie ne manque jamais une occasion pour célébrer les vertus du mirage atomique. Le 9 juin 2016, la très officielle filière « énergies Normandie » accueillait ainsi en grande pompe Jean-Marc Jancovici à l’ESIGELEC[4]. Tout est fait ici pour ne pas changer de base. Même l’outil de formation est consacré ici à abonder le puits sans fonds de l’industrie atomique de Cherbourg à Dieppe en passant par Fécamp où les métiers de la maintenance nucléaire sont à l’honneur.

Alors que la transition énergétique est au point mort et que François Hollande a brisé les espérances ouvertes par la loi du 13 juillet 2005 de programme fixant les orientations de la politique énergétique[5], dite loi POPE, en capant à 40% la part des énergies renouvelables dans le mix électrique[6], il convient de s’interroger sur les origines de la nucléarisation de la Normandie, principal verrou social et économique entravant toute évolution réelle vers un système énergétique local, solidaire et efficient. Il s’agit surtout de concevoir les conséquences sur le territoire de l’implantation forcée d’installations nucléaires.

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Retour sur l’année 2015, l’année où l’industrie nucléaire a touché le fond

La publication imminente du rapport annuel de l’Autorité de sûreté nucléaire sur la Sureté nucléaire et la radioprotection en France est l’occasion de revenir sur l’année 2015. Une année très riche qui a été marqué par toute une série d’événements donnant à voir la triple faillite sociale, économique et réglementaire de l’industrie nucléaire.

Alors que nous venons de commémorer les catastrophes de Fukushima et de Tchernobyl, il est impératif que le contrôle de sûreté bénéficie d’une autonomie plus grande vis-à-vis du pouvoir politique et des intérêts économiques.

L’Autorité de sûreté doit être en mesure d’imposer à une industrie nucléaire _ qui abuse de dérogations accordées par l’Etat et qui n’hésite pas à falsifier des documents _ des décisions impératives. L’exemple de Bugey 5 prouve que cela est possible. L’enjeu en 2016 afin de prémunir la France d’une catastrophe qui serait fatale pour l’Europe est de prescrire des mises à l’arrêt définitif les réacteurs qui ne satisfont pas au référentiel de sûreté en vigueur.

Non seulement cela est possible comme le relève la Cour des Comptes mais cela est nécessaire au vu de l’incapacité de l’opérateur énergétique de l’Etat à réaliser des opérations indispensables à Paluel, Cruas et ailleurs.

Puisque l’Etat n’a pas le courage de décider nous exposant chaque jour à des risques croissants, si l’Autorité de sûreté nucléaire n’exerce pas pleinement la responsabilité qui est la sienne qui pourra prescrire les mesures qui s’imposent à une industrie qui n’a que trop pollué, trop brisé de vies, trop triché sans apporter aucunement le confort promis au plus grand nombre.

STOP-EPR interpelle les candidats à la présidence de la région Normandie

Monsieur le Candidat à la présidence du Conseil régional de Normandie,

Au vu des récentes expertises menées par l’Institut de Radioprotection et de sureté nucléaire sollicité par l’Autorité de sureté nucléaire et l’Association nationale des comités et commission locales d’information auprès des installations nucléaires de base, le réacteur EPR en construction sur le site du CNPE de Flamanville est l’objet de très vives interrogations. Des investigations sont en cours pour établir si l’exploitation de cette installation est envisageable et sous quelles conditions.

La robustesse de la cuve, l’opérabilité des matériels nécessaires à la maitrise des situation d’urgence et la résistance de l’enceinte de confinement ne semblent pas attestées à ce jour. Tout porte à croire que le réacteur de type EPR ne correspond pas aux référentiels de sureté en vigueur établis par l’Agence internationale de l’énergie atomique[i].

Non seulement ce chantier qui n’en finit pas a déjà englouti des sommes considérables aux dépends du développement économique du territoire, mais aujourd’hui après de trop nombreux incidents et accidents il ne présente pas les garanties de sureté annoncées.

Loin d’apporter des réponses au risque nucléaire, l’EPR est une machine défaillante. Au regard des informations publiées par les autorités compétentes, ce réacteur se distingue par une bien moindre robustesse que les si fragiles installations aujourd’hui en exploitation.

Non seulement la probabilité d’un accident s’en trouve accrue mais les conséquences seraient sans commune mesure avec celles dramatiques déjà observées à Tchernobyl ou à Fukushima[ii]. La catastrophe serait pire encore si EDF décidait de charger du combustible de type « Mox[iii] » comme annoncé lors de l’autorisation de création…

Vous vous représentez, je l’espère, Monsieur le Candidat à la présidence du Conseil régional de Normandie, les conséquences sur la Normandie d’un tel accident. Des milliers de km² seraient durablement inhabitables et impropres à toute activité humaine quelles que soient les ambitions du Plan national de réponse Accident nucléaire ou radiologique majeur[iv]. Des centaines de milliers de personnes seraient jetées sur les routes et la vitalité économique du territoire serait brisée comme on peut le voir à Fukushima[v]. Sans parler bien évidemment des coûts qui seraient assumés par le Conseil régional…

C’est une terrible épée de Damoclès qui plane au-dessus de nos têtes. On peut donc se demander s’il est nécessaire de rajouter aux menaces déjà colossales des 8 réacteurs en exploitation dans la région et de l’Usine AREVA de La Hague un risque supplémentaire ?

Ne pensez-vous pas dès lors, Monsieur le Candidat à la présidence du Conseil régional de Normandie, qu’il est temps de mettre un terme au projet EPR sur le site de Flamanville ?

Si vous ne disposez pas du pouvoir d’ordonner la mise à l’arrêt définitif d’une installation nucléaire de base, la loi NOTRE[vi] et la loi TEPCV[vii] vous apporte des outils pour réorienter le modèle énergétique régional vers une transition effective fondée sur les économies d’énergie et les énergies renouvelables. Non seulement cela est possible mais c’est nécessaire ne serait-ce que pour l’emploi et l’activité économique[viii].

Loin de pénaliser la Normandie, terre d’énergies sales, un arrêt de l’EPR marquerait une authentique rupture avec un modèle de développement qui n’a jamais apporté ni la prospérité ni les emplois promis.

Aurez-vous donc l’audace de rompre avec le silence de vos prédécesseurs et de demander à l’Etat d’en finir une fois pour toute avec le mythe EPR à Flamanville, Penly et ailleurs ?

Vous trouverez ci-dessous quelques précisions sur les débats en cours sur la robustesse du réacteur EPR de Flamanville

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STOP-EPR et Greenpeace étaient ensemble dans la rue pour rappeler que le nucléaire ne sauvera pas le climat

Alors qu’au Bourget la COP 21 patine, de 14 h à 16 h, le samedi 05 décembre 2015, les associations agissant pour une authentique transition énergétique étaient mobilisées à Rouen.

Le Collectif STOP-EPR ni à Penly ni ailleurs, le Groupe local de Greenpeace et Enercoop Normandie étaient côté à côte pour expliquer au plus grand nombre que le nucléaire ne sauvera pas le climat et rappeler qu’un modèle énergétique 100% renouvelables est possible.

Au même moment Effet de Serre toi-même ! était présent au Salon du Livre de Jeunesse participant aux débats proposés sur la transition énergétique et la nécessaire atténuation du changement climatique.

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