Archives du mot-clé ASN

Everything You Always Wanted to Know About EPR’s vessel

La rumeur s’emballe. La cuve de l’EPR serait bonne pour le service. EDF et AREVA à grand renfort de communication voudraient mettre chacun devant le fait accompli. Sauf que les choses ne sont pas si simples. Non seulement les motifs qui ont amené l’Autorité de contrôle à mettre en cause l’aptitude au service de la cuve de l’EPR sont réels et sérieux mais ils révèlent la défaillance de l’ensemble d’une filière industrielle. La cuve de l’EPR n’est jamais que l’exemple le plus évident d’une impasse technologique.

L'EPR et la cuve de cristal

Afin d’éclairer le débat, le Collectif STOP-EPR ni à Penly ni ailleurs présente aujourd’hui quelques documents publiés depuis l’automne 2015 sur la cuve et sa fabrication dans les vieilles forges de Bourgogne. Plutôt que d’asséner une analyse toute faite, nous préférons livrer à  l’attention de chacun(e) des éléments effectifs qui donnent à voir l’ampleur du problème et les innombrables démarches mises en œuvre pour tenter d’expliquer que la fragilité du cœur du réacteur n’est pas si grave…

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A Penly, EDF fait passer ses intérêts économiques avant la sûreté nucléaire

Les informations se suivent et se ressemblent. Derrière une image vertueuse construite à grand coup d’enfumage des inspections de l’Autorité de contrôle, le CNPE de Penly a bien du mal à dissimuler le manque de robustesse de son exploitation. Le tribunal de Dieppe ne s’y est pas trompé et a condamné cette centrale. Aujourd’hui une affaire au demeurant modeste donne à voir qu’entre sûreté et rentabilité, Edf choisit la rentabilité.

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photo Paluel - Les Echos

6 ans après Fukushima, le nucléaire pollue aussi en France… et c’est pas prêt de s’améliorer

La catastrophe de Fukushima dure depuis 6 années sans que cela ait entraîne ici le sursaut nécessaire. Le nucléaire poursuit tranquillement son activité dans une quasi indifférence qui pose question.

Pourtant chaque jour les centrales déversent dans l’environnement des substances chimiques et radiologiques. Cette pollution invisible et fatale ne peut plus durer alors qu’EDF continue de disposer de généreuses autorisations de rejets et en demande encore.

Pour le Collectif STOP-EPR ni à Penly ni ailleurs cette situation est inacceptable. C’est pour cela que nous demandons des prescriptions plus sévères à Paluel et ailleurs qui encadrent strictement les autorisations de rejets demandées par l’exploitant, des garanties fortes qui préviennent des rejets accidentels trop fréquents et surtout la mise en oeuvre des meilleures techniques disponibles pour réduire effectivement les impacts sur l’environnement de rejets trop massifs et trop toxiques .

Dans le souci de convaincre chacun que le nucléaire est une source majeure de pollution, nous vous invitons à prendre connaissance du long exposé qui suit.

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Nouveau rebondissement à Paluel

L’Autorité de sûreté nucléaire a publié le 23 janvier 2017 une nouvelle lettre de suite d’inspection qui donne à voir que l’affaire du générateur de vapeur de Paluel est loin d’être terminée.

Alors que le Président de la République, à en croire le Canard enchaîné, a marchandé avec le patron d’EDF la prolongation de la durée d’arrêt autorisé du réacteur n°2 de la centrale de Paluel, nous apprenons que rien ne se déroule comme prévu.

article canard 18 01

Non seulement, les opérations de levage en vue d’évacuer le générateur de vapeur ont entraîné une exposition radiologique de travailleurs :

 » le désencastrement du GVu des platelages posés sur la piscine du bâtiment réacteur s’est avéré plus délicat qu’attendu et qu’il a fallu plusieurs opérations de découpe des platelages posés sur la piscine. Ces interventions menées dans l’environnement proche du GVu ont entraîné une exposition radiologique des travailleurs. »

Mais le document publié par l’Autorité de contrôle donne à voir des pratiques pour le moins surprenantes à Paluel.

Si nous savions déjà que :

 » au cours des premières opérations de manutention de générateurs de vapeur usés, les intervenants ont noté une inclinaison correspondant à une légère rotation du palonnier de manutention autour de son axe le plus long, lors de son utilisation en charge. »

Nous apprenons que :

 » Compte tenu des opérations de manutention du GVu en cours, un entretien a été réalisé avec le pontier dans sa cabine de pilotage du pont polaire. A cette occasion, il a été relevé que l’indicateur de centrage du pont polaire était en dehors de sa plage attendue puisque l’aiguille de ce capteur était en zone rouge et non en zone verte. Ni le pontier, ni vos représentants n’ont pu apporter d’explications. »

Derrière le jargon propre au contrôle de sûreté nucléaire, se cache une information essentielle qui n’est pas sans rapport avec la chute du GV…

serait-ce que le agents en charge des opérations de levage sont distraits ? ou bien reçoivent-ils des consignes pour réaliser ces opérations sans tenir compte des informations communiquées par le matériel utilisé ?

Cette question mérite d’être posée. Le Collectif STOP-EPR ni à Penly ni ailleurs ne manquera de le faire avec l’appuis juridique du Réseau Sortir du nucléaire.

Par ailleurs, un autre point a attiré notre attention :

 » une pancarte en carton mentionnant « ne pas utiliser la fonction décalage du pont 205 T sans autorisation RGV » était présente dans la cabine du pontier. Cette pancarte a été retirée immédiatement »

qu’est-ce à dire ? serait-ce qu’EDF donne des consignes spécifiques en dehors des inspections ? que signifie ce retrait ? EDF a-t-elle quelque chose à cacher aux inspecteurs de l’Autorité de contrôle ?

Somme toute, voilà un nouvel exemple qui atteste de l’opacité des pratiques de l’exploitant nucléaire. Cela n’est pas acceptable d’autant plus que l’on peut suspecter que de telles irrégularités ne sont pas étrangères à la catastrophe du 31 mars 2016…

Nous exigeons toute la transparence sur la chute du générateur de vapeur, fait jusque là considéré comme impossible…

C’est une question essentielle alors qu’EDF s’apprête à lancer les opérations de « Grand Carénage » sur le réacteur n°3 de Paluel.

Une curieuse manière de fêter le dixième anniversaire de l’Autorité de sûreté nucléaire

La loi du 13 juin 2006 relative à la transparence et à la sécurité en matière nucléaire a institué une autorité administrative indépendante chargée de contrôler les activités nucléaires civiles en France, l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN). Cette nouvelle institution a repris le périmètre et le contenu des missions jusqu’à alors exercées par la Direction générale de la sûreté nucléaire et de la radioprotection (DGSNR) et les Divisions de la sûreté nucléaire et de la radioprotection (DSNR). Au fil des années, l’ASN a affirmé son autonomie et assure ainsi, au nom de l’État, le contrôle de la sûreté nucléaire et de la radioprotection en France pour protéger les travailleurs, les patients, le public et l’environnement des risques liés aux activités nucléaires.

Cette indépendance du contrôle a toujours été l’objet de vives critiques des exploitants nucléaires mais aussi des partisans de l’énergie atomique. Mais jusque là personne n’avait osé mettre en cause les compétences, les missions et les moyens de l’ASN. Les privilèges du nucléaires étaient remis en cause sous le regard attentifs d’inspecteurs attentifs.

En décembre 2015 un coup sévère a été porté à l’Autorité de sûreté par un rapport établi conjointement par l’Inspection générale des finances (IGF) et le Commissariat général de l’environnement et du développement durable (CGEDD). Il a été publié le 02 juin 2016 par le CGEDD après des échanges très instructifs entre Pierre-Franck Chevet et le sénateur Michel Berson à le 25 mai 2016 au Sénat.

Alerté par l’article de Philippe Collet publié par Actu-environnement.com intitulé « Sûreté nucléaire : un rapport officiel rejette les demandes de renfort de l’ASN[1] », le Collectif STOP-EPR ni à Penly ni ailleurs s’est plongé dans ce rapport et vous propose aujourd’hui une analyse de ce document pour le moins inquiétant. Non seulement le point de vue développé par les auteurs ignore les grands enjeux de la sûreté nucléaire mais il laisse apparaître un déni du risque atomique que l’on croyait révolu.

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